Affichage des articles dont le libellé est Visual analysis of a Scene. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Visual analysis of a Scene. Afficher tous les articles

mardi 25 mai 2010

THE ORPHEUS MYTH IN REMEMBER ME - LE MYTHE D’ORPHEE DANS REMEMBER ME

Tyler, Caroline and the legend of Orpheus
Tyler, Caroline et la légende d'Orphée

Each little detail counts in RM. We’ve found out that the Greek myth book Tyler gives to Caroline plays an important part : it is a link to Michael and a way for Tyler to pass on to his sister what he himself has been given by his elder brother. In this new scene, at his mother’s house, Tyler reads the legend of Orpheus to a devastated Caroline after the girls at her school have cut out her hair.
Chaque petit détail compte dans RM. On a vu dans le post précédent que le livre de mythes grecs que Tyler offre à Caroline joue un rôle important ; c’est un lien avec Michael et un moyen pour Tyler de transmettre à sa sœur ce qu’il a lui-même reçu de son frère aîné. Dans cette nouvelle scène, chez sa mère, Tyler lit la légende d’Orphée à Caroline traumatisée d’avoir eu les cheveux coupés par les autres petites filles de son école.


I love the sweet intimacy of this scene, bathed in a cold, blue light and yet basking in warmth and tenderness. Sadness and sorrow mix with gentle love. Caroline, exhausted with grief, is softly falling asleep, one little hand still grasping the book she and her elder brother love so much, her head with her savaged hair cushioned on his shoulder. He reads on, his voice soft and low, his face serious, his blue eyes grave and gentle, careful not to move or to read too loud so as not to wake her up, because he knows she needs the oblivion of sleep to get over the cruel episode she had to get through. Late afternoon sunlight falls on their faces and on the book, glowing like a golden heart of love between the two.



J’aime l’intimité douce de cette scène, baignée d’une lumière froide et bleue et pourtant imprégnée de tendresse et de tiédeur. Tristesse et peine s’entremêlent à une douceur aimante. Caroline, épuisée de chagrin, s’endort petit à petit, agrippant encore d’une petite main les pages du livre qu’elle et son grand frère aiment tant, nichant sa tête aux cheveux sauvagement cisaillés contre son épaule. Il continue de lire, d’une voix basse et douce, le visage sérieux, ses yeux bleus graves et emplis de douceur, et prend soin de ne pas bouger ou de ne pas lire trop fort pour ne pas la réveiller, car il sait qu’elle a besoin de l’oubli du sommeil pour surmonter les moments cruels qu’elle a subis. La lumière de fin d’après-midi éclaire leurs visages et le livre tenu entre eux, qui brille comme un cœur aimant et couleur d’or, les reliant tous les deux.


This is the short passage of the Orpheus legend which Tyler reads to Caroline (highlighted lines) :
Voici le court extrait de la légende d’Orphée que Tyler lit à Caroline (lignes en surbrillance) :
Each of the Muses had her own special art. Calliope, the Muse of heroic poetry, was the first among them. She had a mortal son named Orpheus, and he sang almost as beautifully as the Muses themselves. When he was grown, he left his mother and his eight loving aunts and went to live in his father’s kingdom of Thrace to bring the joy of music to earth. His voice rang so pure and true that the fiercest warriors put down their swords and savage beasts lay spellbound at his feet. Trees pulled up their roots and moved closer to listen to him, and even hard rocks rolled up to him.



Chaque Muse pratiquait un art qui lui était propre. Calliopé, la Muse de la poésie héroïque, était la plus talentueuse d’entre elles. Elle avait un fils mortel du nom d’Orphée, dont le chant égalait presque en beauté celui des Muses. Lorsqu’il atteignit l’âge adulte, Orphée quitta sa mère et ses huit tantes aimantes et partit vivre en Thrace, royaume de son père, pour apporter la joie de la musique sur terre. Sa voix était si pure et si juste que les plus féroces guerriers déposaient à terre leurs épées et que les bêtes sauvages, envoûtées, se couchaient à ses pieds. Les arbres tiraient de terre leurs racines et s’approchaient de lui pour l’écouter, et même les durs rochers roulaient jusqu’à lui.


This is the exact page Tyler and Caroline can see (I love finding out what the film does not show… a peek into this book is like being allowed backstage for a short while…): the illustration above the text shows four of the eight Muses with their names and art. The child Orpheus plays his lyre to his mother Calliope on the right.










D’Aulaires’ Book of Greek Myths - copyright © 1962 Ingri d’Aulaire and Edgar Parin d'Aulaire
Voici exactement la page que Tyler et Caroline sont en train de lire (j’aime bien montrer ce qui le film nous cache ! aller fouiner dans les secrets des coulisses…) : l’illustration, placée au-dessus du texte, représente quatre des huit Muses avec leurs noms et leur art. L’enfant Orphée joue de la lyre pour sa mère la muse Calliopé, tout à droite.
But why did Tyler choose to read to Caroline the myth of Orpheus, a myth so fraught with death, and sorrow, and loss of love twice endured ? There were other happier stories he could have selected – so why this particular one ?


Edmond Dulac (1882-1953)
Mais pourquoi Tyler a-t-il choisi de lire à Caroline le mythe d’Orphée, marqué si profondément par des thèmes tels que la mort, le chagrin, la perte de l’amour et de la vie, par ce terrible deuil qui doit être enduré par deux fois ? Il aurait pu choisir d’autres histoires plus heureuses dans le livre, alors pourquoi celle-là en particulier ?


Orpheus, the legendary musician, was so overcome with grief at the accidental death of his wife Euridice, bitten by a serpent, that he went down into the underworld and charmed Hades, the God of Death, with his music. He was granted permission to bring back Euridice into the world of the living, but on one condition : that he would not look back on her as she followed him. When Orpheus was out of the depths of hell, he turned joyfully to her, but it was too soon: Euridice faded with a whispered farewell as he reached to her with loving arms, and so he lost her a second time, and forever. He then wandered alone in the wilderness, overcome with grief but still playing his music, till a band of Maenads found him, and killed him, tearing him limb from limb. But it is said that the Muses gathered his torn limbs and buried Orpheus at the foot of Mount Olympus, and there to this day the nightingales sing more sweetly than anywhere else.


Death of Orpheus - Mort D'Orphée - Emile Lévy (1866)

Orphée, le musicien légendaire, fut si éprouvé par la douleur suite à la mort accidentelle de son épouse, Eurydice, mordue par un serpent, qu’il osa descendre aux Enfers et charma par sa musique Hadès, Dieu du royaume des morts. Le dieu lui accorda la permission de ramener Eurydice dans le monde des vivants, mais imposa une condition : Orphée ne devait jamais se retourner pour la regarder le suivant sur le chemin du retour vers la vie. Lorsque Orphée fut sorti des profondeurs des Enfers, il se tourna alors joyeusement vers sa femme, mais il le fit trop tôt : Eurydice, lui murmurant adieu, disparut alors même que plein d’amour, il tendait vers elle ses bras, et c’est ainsi qu’il la perdit une seconde fois, et pour toujours. Orphée se mit alors à errer seul de par la terre, recherchant les lieux déserts loin des hommes, accablé de douleur mais continuant de jouer sa musique, avec pour seuls spectateurs les animaux, les roches et les arbres. Un jour, un groupe de Ménades le découvrirent et elles le tuèrent, mettant en pièces son corps. La légende dit que les Muses recueillirent les membres épars du corps d’Orphée et l’enterrèrent au pied de l’Olympe, et que depuis ce jour le chant des rossignols n’est nulle part aussi beau qu’à cet endroit.


I’ve always thought the choice of the Orpheus myth was, once again, subtly hinting at the ever-present shadow of Michael, Tyler and Caroline’s dead brother. Michael was a musician who died because he could not bear the loss of his music – perhaps what he most loved in the world - when his father forced him to give up his unsuccessful musical career. But in this scene, the legend of Orpheus does not only remind us of Michael: all its darkest elements – the loss of love, death, grief, the descent into hell, the ensuing devastation, and Orpheus’s violent and untimely death, with the gruesome desecration of his body – all this is also a foreshadowing of Tyler’s fate, of his cruel death in the towers. The use of the myth in this scene has a dual function : it looks back towards the past (Michael’s suicide) but it also points to Tyler’s present state of mind and, ominously, to his future.




J’ai toujours pensé que le choix du mythe d’Orphée, une fois de plus, était une subtile allusion à l’ombre toujours présente de Michael, le frère décédé de Tyler et Caroline. Michael, le musicien, est mort parce qu’il ne pouvait plus supporter la perte de sa musique – peut-être ce qu’il aimait le plus au monde – lorsque son père l’a forcé à renoncer à sa carrière musicale sans succès. Mais dans cette scène, la légende d’Orphée ne se contente pas de nous rappeler Michael. Tous ses éléments les plus sombres - la perte de l’amour, la mort, la douleur, la descente aux enfers, la désolation qui s’ensuit, et la mort violente et prématurée d’Orphée, au corps atrocement saccagé – tout cela est aussi prémonitoire du sort de Tyler, de sa mort cruelle dans les tours. L’utilisation du mythe dans cette scène a une double fonction : il nous fait regarder en arrière, vers le passé (rappelant le suicide de Michael) mais il nous montre aussi l’état d’esprit actuel de Tyler et fait entrevoir, en une sombre allusion, son futur.


Like Orpheus after he lost Euridice, Tyler cannot overcome the loss of Michael ; like Orpheus, he squanders away his gifts – writing and playing music, studying but not graduating – wandering in a sort of wilderness of his own. Tyler’s words (his diary to his dead brother) will never be heard, as the diary will never be found by his loved ones. He plays his guitar, but no one ever really hears the music, at least we never get to hear it in the film. Like Orpheus, he does not accept death and therefore cannot put an end to his grieving. Tyler is still lost and grieving in this personal wasteland when we discover him at the beginning of the film. And like Orpheus, he will die a violent, untimely death, and his body will be entirely destroyed in the burning tower.






Comme Orphée après avoir perdu Euridyce, Tyler ne peut pas surmonter la perte de Michael ; comme Orphée, il gaspille ses dons – l’écriture, la musique, les études : il erre dans une sorte de désert personnel. Ce qu’il écrit (son journal adressé à son frère mort) ne sera jamais lu, puisque le journal ne sera jamais retrouvé par ceux qui l’ont aimé. Il joue de la guitare, mais en dilettante, et personne n’entend jamais vraiment sa musique, en tout cas il ne nous est jamais donné de l’entendre dans le film. Ses études ne mènent à rien de concret, puisqu’il ne passe pas de diplôme. Comme Orphée, il n’accepte pas la mort, il ne peut pas faire son deuil. Tyler est toujours perdu, désolé dans ce désert lorsque nous le découvrons au tout début du film. Et tout comme Orphée, il mourra d’une mort violente et prématurée, et son corps sera entièrement annihilé dans la tour en feu.
Foreshadowing is always there in the film – you can see it everywhere, although it is sometimes woven so discreetly into the fabric of the film that you can only see it clearly when everything has ended.In this particular scene, Tyler is taking on the part of Orpheus : he is at the center of the scene, surrounded by all the giant painting of naive, eerie animals hanging on the wall behind Caroline’s bed. We can’t see the whole painting here, but you can glimpse a sad-looking dog just above Tyler’s shoulder, head bent down as if it too were listening to the music of the myth, and as if Tyler was the musician.




Les allusions prémonitoires sont omniprésentes dans le film – elle sont partout, mais sont parfois entretissées si délicatement dans l’étoffe du film que l’on ne peut les déceler clairement que lorsque tout est fini.Dans cette scène avec sa petite sœur, Tyler endosse le rôle d’Orphée : il est au centre de l’image, entouré par la peinture géante de ces animaux étranges de style naïf qui orne le mur derrière le lit de Caroline. Nous ne pouvons pas voir ici le tableau en entier, mais on aperçoit à gauche un chien à l’air triste, juste au-dessus de l’épaule de Tyler. Le chien a la tête penchée, tout comme s’il écoutait lui aussi la musique du mythe, comme si Tyler était le musicien qui la jouait.


At his particular moment of his life, just when Ally was beginning to make him change, Tyler is wandering again in his wasteland: he has just lost Ally, he’s still grieving strongly for Michael, and his sister has been cruelly rejected and mistreated by the other schoolgirls. Lost love, lost innocence. The scene is really darker than it seems, although it has this lovely glimmer of hope in the love between brother and sister, symbolized by the bright yellow, sun-coloured book and the light falling on the faces of Tyler and Caroline.






A ce moment particulier de sa vie, juste quand Ally commençait à le faire changer, Tyler erre de nouveau dans son désert : il vient de perdre Ally, il est toujours violemment en deuil de Michael, et sa sœur a été cruellement rejetée et maltraitée par les autres élèves. Amour perdu, innocence perdue. La scène est en fait plus sombre qu’elle ne le paraît, mais elle conserve cependant cette ravissante lueur d’espérance avec cet amour entre le frère et la sœur, symbolisé par ce livre jaune vif, couleur de soleil, et par la lumière qui tombe sur les visages de Tyler et de Caroline.


But the ominous motif of the Orpheus myth weaves itself into the background, like a melancholic, muffled strain of cascading notes, and tells us that this, too, is running to its end, and that death overshadows it all, although in such a subtle way that we can’t really recognize it yet. We can only perceive an aura of pervading sadness in the cold light streaming into the little girl’s bedroom, we can only feel slightly uneasy, without knowing clearly why, and ascribe it to other, more obvious reasons – maybe Tyler’s sadness at what happened to his sister? Maybe Caroline’s grief and shock ? It is all this, but it is deceiving - those are only the minor motifs of the music, while the major, underlying theme is slowly, darkly unfolding beneath, leading Tyler to death.




Mais le thème menaçant d’Orphée se faufile en arrière-plan, en sourdine, comme une mélodie mélancolique de notes égrenées en cascade, et nous dit que cette douceur, elle aussi, touche à sa fin, et que la mort est là qui obscurcit tout, mais d’une façon encore si subtile que nous ne pouvons pas vraiment la reconnaître. Nous pouvons seulement percevoir un halo de tristesse qui imprègne la lumière froide entrant à flots dans la chambre de la petite fille, nous pouvons seulement nous sentir légèrement mal à l’aise, mais sans savoir bien pourquoi. Nous pouvons juste essayer de mettre ce sentiment de malaise sur le compte d’autres raisons plus évidentes : peut-être est-ce la tristesse de Tyler à cause de ce qui a été fait à sa sœur ? Peut-être est-ce le chagrin et le traumatisme éprouvés par Caroline ? Ces raisons font certes partie de l’explication, mais elles sont trompeuses : elles ne sont que les thèmes mineurs de la partition, et par en dessous, le thème majeur, sous-jacent, se déploie lentement dans l’obscurité, conduisant Tyler à la mort.


The myth of Orpheus has inspired many painters, sculptors and musicians thoughout the ages.
Le mythe d’Orphée a inspiré d’innombrables peintres, sculpteurs et musiciens au fil des siècles.




























jeudi 20 mai 2010

AIDAN & ALLY


SPOILERS

Aidan and Ally - The rooftop scene at the end
Aidan et Ally – La scène de la fin sur le toit


This is a new still which I’ve never seen before. It’s heartbreaking – Aidan and Ally stand crying and helpless on the rooftop, looking at the burning tower. Ally’s face looks frozen in pain but you can almost see her mouth trembling, Aidan’s is contorted with pain, almost grimacing. White, thick ashes fall slowly around them like tears. I don’t know if it’s a part of the final scene which was cut out from the film, or a shot from a different angle which was discarded, or maybe just an picture taken on the set during a rehearsal. The fleeting glimpse we get of them in the film shows them running out of the door, Aidan desperately calling Tyler on his cell, and his face suddenly freezing in disbelief and horror when he sees the tower. My heart clenched when I saw how Ally’s face sort of of scrunched up and how she had to crush her hands against her mouth not to scream out in pain. The film captures the very moment when they see what has happened – but they have not fully grasped it yet. You can imagine Aidan getting Tyler’s answering machine over and over and yet dialling again and again, against all hope. How many times will he dial that number before he finally gives up? I’ve always found it terrible to think that Tyler’s recorded voice on his answering machine is the last time Aidan will hear his friend’s voice.

To me, this new still shows how Ally and Aidan react a little later: Ally is in shock, unable to start crying yet, seized by this terrible grief which paralyzes the body and the mind and causes real, physical pain. Aidan now weeps incontrollably, he has stopped calling – the cellphone is not visible any more – the truth has really hit him.

I have also always found it heart-rending that they chose to shoot this scene on the rooftop where Tyler and Aidan probably spent many happy moments together, Aidan lifting weights, Tyler playing his guitar, and the two of them sunning themselves on their white and green easy chairs, drinking beers while listening to their music, maybe till late into the sweet summer nights. A fleeting glimpse of the scene shows a music box on an old table in a corner, a large fat white candle on a black iron holder with a curious zigzag shape, and empty bottles of beer. We know from another shot that there is also a bunch of dried orange and white flowers – eerily mirroring the white and orange flowers which Tylers’ mother clutches in her hands at the cemetery for Michael, and which are maybe one of the many clues foreshadowing Tyler’s fate all thoughout the film. However, these details prove that the boys liked to spend time there.

Everything is gone forever : no more music, no more soft candle-lights, no more sharing and drinking and laughing together – life fades out and nothing remains but the silent falling ashes and the voice of a dead young man on his cellphone, endlessly repeating the same, last message.




Voici une nouvelle image que je n’ai encore jamais vue. Elle est déchirante et m’a fait un coup au coeur quand elle a jailli sans crier gare sur mon écran : Aidan et Ally sont sur le toit-terrasse de leur appartement, en larmes, impuissants, les yeux rivés sur la tour en flammes. Le visage d’Ally est comme figé mais on devine presque le tremblement de ses lèvres. Le visage d’Aidan est déformé par le chagrin, il semble presque grimacer. De grosses cendres blanchâtres tombent lentement en pluie autour d’eux comme des larmes. Je ne sais pas si c’est une partie de la scène finale qui a été coupée au montage, ou peut-être une prise de vue à partir d’un angle différent qui n’a finalement pas été retenue, ou juste une photo de tournage ou de répétition.

La vision fugitive que nous avons d’eux dans le film les montre poussant la porte pour se précipiter sur le toit terrasse, tandis qu’Aidan appelle désespérément Tyler sur son mobile. Puis son visage se fige, tandis qu’incrédule et horrifié, il aperçoit la tour. Mon cœur s’est serré lorsque j’ai vu le visage d’Ally se ratatiner tandis qu’elle écrase littéralement ses poings contre ses lèvres pour retenir un cri de douleur. Le film capture le moment même où ils voient ce qui est arrivé, mais ils n’ont pas encore complètement compris ce qui s’est passé. On imagine Aidan entendant sans fin se répéter le message du répondeur de Tyler, mais refaisant pourtant le numéro, encore et encore, contre tout espoir. Combien de fois l’aura-t-il essayé, ce numéro, avant d’abandonner ? J’ai toujours trouvé terrible l’idée que le message d’accueil enregistré par Tyler sur son répondeur serait la dernière fois qu’Aidan entendrait la voix de
son ami.
Dans cette nouvelle scène, on a l’impression que c’est le moment d’après : Ally est sous le choc, tellement qu’elle ne peut pas encore pleurer, dans une détresse qui fige tout le corps et le cœur, et qui fait physiquement mal. Aidan pleure sans retenue, il n’appelle plus, il a compris, son téléphone a disparu.

J’ai aussi toujours trouvé déchirant le choix de tourner cette scène sur le toit terrasse où Tyler et Aidan ont sans doute passé bien des moments heureux ensemble, Aidan soulevant ses haltères, Tyler grattant sa guitare, et tous les deux lézardant au soleil dans leurs transats verts et blancs, en sirotant des bières et en écoutant de la musique, peut-être parfois jusqu’à une heure tardive par les douces nuits d’été. Une aperçu fugace de la scène finale montre un radiocassette placé sur une vieille table dans un recoin, une grosse bougie blanche piquée sur un chandelier de métal noir avec une curieuse forme en zig-zag, des bouteilles de bière vides. Un autre plan au milieu du film fait entr’apercevoir un bouquet de fleurs séchées blanches et orangées – peut-être un étrange écho du bouquet blanc et orangé que la maman de Tyler tenait au cimetière pour Michael, et un autre de ces symboles qui annoncent la mort du jeune homme dans tout le film – mais quoi qu’il en soit, ces détails montrent que les garçons aimaient à passer du temps sur ce toit.
Tout est fini : la musique, la douce lueur des bougies, les moments de partage, la douce ivresse de l’alcool, les rires : la vie s’éteint et il ne reste plus rien que la chute silencieuse des cendres et sur un répondeur, la voix d’un jeune homme mort, répétant sans fin le même et ultime message.

Source/Credit: http://coolspotters.com/characters/aidan-hall