Affichage des articles dont le libellé est Caroline. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Caroline. Afficher tous les articles

lundi 28 juin 2010

RUBY JERINS ON THE BLACK CARPET OF ECLIPSE


Ruby Jerins sur le tapis noir de la première d’Eclipse



Ruby, Turquoise Nails and a Black Red Carpet
Où il est question de Ruby, d’ongles turquoise et d’un tapis rouge… noir


For once, I’ll do a glamour and glitter Hollywood-style fashion post, in tribute to the upcoming release of Eclipse. Little Ruby Jerins, who plays Caroline in Remember Me, was interviewed on the black carpet of the Eclipse premiere in Los Angeles – yes, the red carpet was black, probably to hint at the more somber tone of the third installment of the Twilight saga.
Exceptionnellement, je cède à la tentation d’un petit post spécial mode, glamour & paillettes dans le plus pur style Hollywood, en honneur de la prochaine sortie d’Eclipse. La petite Ruby Jerins, qui joue Caroline dans Remember Me, a été interviewée sur le tapis noir de la première d’Eclipse à Los Angeles – oui, oui, le tapis rouge était noir, sans doute en allusion à l’esprit plus sombre du troisième volet de la saga Twilight.

Yes, look, the red carpet was truly black. And, no, you’re not supposed to stare only at Rob (in a Gucci marroon suit) or at Kristen’s gorgeous white dress (Elie Saab). Focus on the black carpet, please...
Vous voyez bien, le tapis rouge était en fait… noir. Et, non, vous n’êtes pas censées n’avoir d’yeux que pour Rob (en costume Gucci couleur bordeaux) ou pour la splendide robe blanche de Kristen  (Elie Saab). On se concentre sur le tapis noir...


Robert Pattinson's Gucci Fall 2010 Menswear Maroon Silk Cotton Heritage Suit
Kristen Stewart's Elie Saab Fall 2009 Dress


Ruby looked like a real little princess, dressed head to toes in turquoise, with a matching turquoise necklace –even her nails were painted turquoise!
Ruby ressemblait à une vraie petite princesse, vêtue des pieds à la tête de turquoise, avec un collier turquoise assorti – même son vernis à ongles était bleu turquoise !



Some people have really sharp eyes and blogger Fanoudusud from the Twilight France RM forum pointed out that Ruby was wearing the same turquoise blue nail polish – Chanel 527 - as Kristen Stewart at the recent MTV Awards. Thanks for that, Fanou.
Certaines ont vraiment l’œil et une bloggeuse du forum de RM sur Twilight France, Fanoudusud, nous a fait remarquer que Ruby portait le même vernis à ongles bleu turquoise – je pense que c’est la référence Chanel 527 – que Kristen Stewart aux derniers MTV Awards. Merci Fanou !



I checked, and it’s true. Here’s the magic little bottle if you want it, and here’s Kristen’s nails at the MTV Awards. And, no, you’re not supposed to be jealous of her because Rob is kissing her. You’re supposed to want the same blue nail varnish!
Par acquis de conscience, j’ai vérifié, et c’est vrai. Voici le petit flacon magique s’il vous fait envie, et voici les ongles de Kristen aux MTV Awards. Et, non, vous n’êtes pas censées être jalouses d’elle parce que Rob l’embrasse. Vous êtes censées avoir envie du même vernis à ongles bleu turquoise !




Here’s a link to Ruby super-short interview at the Eclipse premiere:
Voici enfin un lien à la mini-interview de Ruby lors de la première d’Eclipse :

 

Ruby: It was crazy on set, there were a lots of fans, but it was really really fun… I had a lot of fun with him (Rob), he’s a great actor.
C’était de la folie sur le plateau, il y avait des masses de fans, mais c’était vraiment vraiment chouette … j’ai beaucoup ri avec lui (Rob), c’est un super-acteur.


That’s all from your Hollywood reporter for today! Oh, and by the way, did I tell you how much I love Ruby Jerins ?
Et voilà , votre envoyée spéciale à Hollywood a rempli sa mission pour aujourd’hui !  Oh et au fait, je vous l’ai dit, que je craque complètement pour Ruby Jerins ?


dimanche 27 juin 2010

NEW REMEMBER ME COLOUR STILLS - CAROLINE




Nouveaux stills de Remember Me : Caroline (Ruby Jerins)


This new still lets us see a new drawing for the art show (on the left), you can't see the whole of it, but I bet it's a portrait of Tyler eating spaghettis with meat balls! I think I also remember it's one of Rob's favorite dishes... so maybe that's a little joke of the filming team, just for him.
Celui-ci permet d'apercevoir un nouveau dessin à l'expo (à gauche), dommage pas en entier, mais je parie que c'est son grand frère Tyler en train de manger des spaghettis avec des boulettes de viande ! Je crois me souvenir que c'est aussi un des plats favoris de Rob... c'est peut-être un amusant clin d'oeil de l'équipe à l'acteur.

Other stills:
Suite:

mardi 15 juin 2010

COMPARING SCENES IN RM: PART1

COMMON RECURRENT SYMBOLS- PART 1

Comparaisons de scènes dans Remember Me : symboles communs et récurrents
Caroline & Tyler

Symbols and parallelisms are everywhere in RM, intricately and wonderfully interwowen. Three main devices seem to be used: recurrent symbols, mirroring and/or bookends.

Recurrent symbols serve to foreshadow the future or express a character’s state of mind. They permeate every scene, sometimes in an obvious way, sometimes much more subtly, faintly appearing beneath the surface like sweet or ominous watermarks. The list is long: flowers, candles, dominant colour themes (with a meaning which changes according to each character) such as black and white, blue, or red/orange; graffitis and billboards; warm or cold lightings ; artworks, drawings and paintings; animals or their representations; Greek myths; recurrent sunflower/sun pattern ; balloons ; dismembered dolls ; sculptures or objects pierced with a hole; books; alternance of square or circular shapes with a hole in their middle; candlesticks; objects presented in pairs; black and white photos; framing (all characters almost always appear filmed standing in a doorway or entrance ou are seen through a window), etc. They are like keys, like a symbolic undercurrent of meaning which we have to decipher.

Les symboles et les parallèles foisonnent dans RM, tissant de merveilleux et délicats entrelacs. Trois grandes techniques semblent être utilisées dans le film : les symboles récurrents, la mise en miroir et/ou les mises en parallèles.
Les symboles récurrents servent à faire pressentir l’avenir ou à exprimer l’état d’esprit d’un personnage. Ils laissent leur empreintes sur chaque scène, parfois de façon évidente, parfois beaucoup plus subtilement, transparaissant faiblement sous la surface des images comme de tendres ou inquiétants filigranes. La liste est longue : fleurs, bougies, thèmes de couleur dominants (dont la signification change selon chaque personnage) tels que le noir et le blanc, le bleu, ou le rouge orangé ; les graffitis et les affiches de rues ; les éclairages chauds ou froids ; les oeuvres d’art, les dessins et les peintures ; les animaux ou leurs représentations ; les mythes grecs ; le motif récurrent du soleil et de la fleur de tournesol ; les ballons ; les poupées démembrées ; les sculptures ou les objets percés d’un trou ; les livres ; l’alternance du motif du carré ou du cercle percés d’un trou en leur centre ; les chandeliers ; les objets apparaissant deux par deux ; les photos noir et blanc ; la technique de l’encadrement (tous les personnages apparaissent presque toujours filmés dans l’embrasure d’une porte ou d’une entrée ou sont vus à travers une fenêtre), etc. Tous ces symboles ou techniques sont comme des clés, comme un courant souterrain de sens que nous devons déchiffrer.


Mirroring, which is often used as a bookend device in the film, echoes and duplicates past and present scenes, such as the opening and closing scenes in the subway station, or the opening and closing graveside scenes. But mirroring also applies to characters, i.e Neil Craig and Tyler Hawkins, who – unexpectly- present striking similarities. It also applies to abstract symbols, such as the numbers 11 (9/11 ; Ally and Caroline both being 11 when death strikes ; the exact age difference between Tyler and Caroline) and 22 (Michael and Tyler both dying at the same age, the number of years Neil has been on the job as a cop). And there’s many more. Every prop, every object, every colour, every character, every situation is thus subtly used, reverberating each other throughout the film.

La mise en miroir, qui est aussi souvent utilisée comme une mise en parallèle dans le film, crée des échos entre des scènes du passé et du présent ou les duplique, par exemple avec les deux scènes d’ouverture et de clôture du film avec Ally dans la station de métro, ou les deux scènes du cimetière. Mais la mise en miroir s’applique aussi aux personnages : Neil Craig (le père d’Ally) et Tyler, curieusement, présent des ressemblances frappantes. Elle concerne aussi les symboles abstraits, par exemple les chiffres : le 11 (11 septembre ; l’âge identique d’Ally et de Caroline, onze ans, lorsque la mort frappe ; l’exact différence d’âge entre Tyler et Caroline) et le 22 (l’âge auquel Michael et Tyler meurent tous les deux ; le nombre d’années depuis lequel Neil exerce en tant que policier). Et il y en a beaucoup d’autres. Chaque accessoire, chaque objet, chaque couleur, chaque personnage, chaque situation est ainsi subtilement exploité, créant un jeu de réverbérations tout au long du film.
 
There are so many examples, from the most obvious to the most secret and hidden, that it’s difficult to choose a scene to illustrate how this works. But I’ve liked the idea of tracking some really hidden symbols and to show how they are used for situations which appear to have no common traits at all. I’ve picked three short parts of very different scenes: the first shows Tyler in the train, looking at a sleeping McDonald clown. The second shows Caroline arriving at the ill-fated birthday party. The third shows Tyler, the last time we ever see him, waiting in his father’s office as he sits watching his family pictures on the computer, when Janine suddenly enters with her two coffees.
 
Les exemples sont si nombreux, depuis les plus évidents jusqu’aux plus secrets et aux plus cachés, qu’il est difficile de choisir une scène pour illustrer comment ils opèrent. J’ai cependant été attirée par l’idée de dépister quelques symboles vraiment enfouis et de montrer comment ils sont utilisés dans des situations qui n’ont en apparence aucune caractéristique commune. J’ai retenu trois extraits courts de scènes très différentes : dans la première, Tyler est dans le métro, et regarde un clown McDonald endormi sur une banquette. Dans la deuxième, Caroline arrive à la fête d’anniversaire qui va tourner si mal. Dans la troisième, Tyler, la dernière fois que nous le voyons dans le film, attend dans le bureau de son père, et regarde les photos de sa famille sur l’ordinateur, lorsque Janine entre subitement avec ses deux cafés.
 
 





FIRST PART
PREMIERE PARTIE

CAROLINE AT THE BIRTHDAY PARTY
TYLER AND THE CLOWN IN THE SUBWAY
CAROLINE A LA FETE D'ANNIVERSAIRE
TYLER ET LE CLOWN DANS LE METRO

Clowns and balloons
Clowns et ballons

The brutal mangling of Caroline’s hair at the birthday party is so much more than a nasty, cruel joke played upon her by the other girls, and its implications are deep and far-fetching for her. It means an utter rejection of her as an individual, her exclusion from the group, a negation of who she is, a refusal to see her potential, her qualities, the good she could bring to the group of little girls. She is, as she says earlier to Tyler, a «freak of nature» and treated as such by the rejecting group: she is punished for being considered as different, and therefore made to look like a freak or a clown. She is like this McDonald clown we see at the beginning of the film, presumably coming or going to a MacDonald birthsday party. The clown elicits a little knowing nod from Tyler, who has accepted the idea that he’s playing the part of the sad, ridiculous and tired clown in this life.


Lorsque les autres petites filles massacrent littéralement les cheveux de Caroline lors de la fête d’anniversaire, il s’agit bien plus que d’une plaisanterie écœurante et cruelle. Ses implications sont profondes et ont pour Caroline un retentissement qui va très loin. Son sens réel est un rejet total de Caroline en tant que personne individuelle, son exclusion du groupe, la négation de qui elle est, le refus de percevoir son potentiel, ses qualités, les choses positives qu’elle pourrait apporter aux autres fillettes. Elle est, comme elle l’a dit à Tyler, un «monstre de la nature» et elle est traitée comme telle par le groupe qui la rejette. Elle est punie parce qu’elle est perçue comme différente, et son châtiment sera de se voir transformer physiquement en un monstre - ou plus exactement, en un clown. Caroline est comme ce clown MacDonald que nous nous apercevons au début du film, et qui se rendait sans doute à une fête d’anniversaire MacDonald, ou en revenait. Le clown provoque un petit hochement de tête entendu de la part de Tyler, qui a lui accepté l’idée qu’il joue lui-même le rôle du clown triste, ridicule et las dans cette vie.

The birthdays bitter joke
Anniversaires, farces amères

In this scene, Tyler bitterly identifies with the clown in the train, but he’s far older and (supposedly) more mature than Caroline. He’s gone far enough in his arc now to know or at least to believe that life can be a merciless, pitiful, wearisome joke. Caroline is so young compared to him: she’s only starting her journey in life, but she is suddenly and cruelly forced to endorse the role of the clown, against her will. Life’s joke is on her, and interestingly, it also occurs during a birthday party. (On a darker note, this also echoes the terrible « jokes » that are her two brothers’s birthdays: Michael’s birthday is the very day he killed himself, Tyler’s birthday will also be his deathday, his last birthday). The world is a stage. Life is a circus. And we are the clumsy performers stumbling on on it, and our part sometimes entails being rididuled on stage. Or to die on it.
Dans cette scène, Tyler s’identifie avec amertume au clown du métro. Seulement, Tyler est bien plus âgé que Caroline (et du moins on peut le supposer) bien plus mûr qu’elle. Il a maintenant parcouru une trajectoire suffisamment longue pour savoir ou du moins pour s’être convaincu que la vie peut être une farce impitoyable, dérisoire et fatigante. Mais Caroline est si jeune par rapport à son frère : elle ne fait que commencer son voyage dans la vie. Pourtant, subitement, cruellement, elle va elle aussi être forcée de se glisser dans la peau du clown, d’endosser son costume, contre sa volonté. La farce de la vie se retourne contre elle, elle en devient la victime, et fait intéressant, cet événement se produit aussi pendant une fête d’anniversaire, même si ce n’est pas le sien. Cet anniversaire, sous un aspect plus sombre, renvoie aussi un écho des terribles «farces» que sont les anniversaires de ses deux frères : c’et le jour même de son anniversaire que Michael se suicide, et l’anniversaire de Tyler marquera non seulement son jour de naissance, mais aussi son jour de mort, car ce sera son dernier anniversaire. Le monde est un théâtre. La vie est un cirque. Et chacun d’entre nous est un acteur maladroit qui la parcourt en trébuchant. Et nos rôles nous obligent parfois à nous y fair ridiculiser, ou même à y mourir.



Caroline’s blindness for accepting the invitation, without seeing the underlying hate and the trap which was lying in wait for her, have already turned her into a clown for the other girls. They only need to create some external, visible token for her to look like one, and that will be her gross haircut. Ridiculous, even monstruous hair is one of the clown’s common attributes : the one in the subway wears a particularly ugly fantastic multicoloured wig. Caroline’s mangled hair and the clown’s wig mirror each other.

 En acceptant l’invitation, Caroline a fait preuve d’aveuglement. Elle n’a pas su percevoir la haine cachée et le piège qui l’attendait. Cette erreur l’a déjà convertie en un clown aux yeux des autres fillettes. Il ne leur reste plus qu’à lui confectionner un symbole externe et bien visible qui la transformera totalement en clown. Une chevelure ridicule, voire monstrueuse, fait partie des attributs communs de tous les clowns : et celui du métro porte une perruque multicolore particulièrement repoussante et extravagante. Les cheveux massacrés de Caroline et la perruque du clown se renvoient donc leur image comme dans un miroir.
 
Balloons and Caroline’s colour theme
Les ballons et le thème de couleur de Caroline
 
Other less obvious, recurrent symbols for the subway clown and for Caroline are the colourful balloons.
Balloons are everywhere in the flat and they are clearly linked to Caroline: they are in very shot, when she comes in, when she walks towards the girls, and when she calls her mother. When as she approaches the group of little girls, and the point of view switches to the girls’, Caroline is seen framed in a doorway, surrounded by bunches of gaudy, green, orange and yellow balloons. She’s the clown, the obvious future victim . The pack is ready for her.
 
 
 
 
D’autres symboles récurrents, moins évidents, qui relient le clown du métro et Caroline, sont les ballons colorés.
Des grappes de ballons ont été accrochées partout dans l’appartement et sont clairement liés à Caroline: ils apparaissent dans tous les plans, lorsqu’elle entre, lorsqu’elle marche vers ses camarades, et lorsqu’elle appelle sa mère. Lorsqu’elle s’approche du groupe, et que le point de vue bascule du côté des fillettes, celles-ci regardent Caroline se tenant dans l’encadrement de la porte, entourée de grappes de ballons criards, jaunes , oranges, verts. Caroline est le clown, la future victime toute désignée. La meute est prête pour elle.
 
Balloons are also what she sees in the drawing-room where the girls are playing. A deliberate close-up on balloons is the first and last thing which we see around her when she calls her mother after having her hair savaged. Balloons, so light and funny, should be a symbol of celebration and happiness. But here, their garish colours clash agains the white creamy walls. They are like miniatures freak creatures escaped from a seedy universe of funfairs and circuses, hung there to underscore how cruelly Craoline will be treated. All of sudden, the funfair has turned into a nightmare and the circus act has gone all wrong.
 
 


 
Les ballons, c’est aussi ce que Caroline aperçoit dans le salon où les fillettes sont en train de jouer. Dans la conclusion finale de la scène, un zoom délibéré sur ces fameux ballons est aussi la première et la dernière chose que nous voyons lorsque Caroline appelle sa mère après avoir eu les cheveux coupés. Ces ballons, si légers et si gais, devraient être un symbole de fête et de bonheur. Mais ici, leur couleurs criardes jurent avec les murs blancs crème de l’appartement. Ils ressemblent tout d’un coup à d’espèces de petites créatures monstrueuses échappées de l’univers pas si reluisant des fêtes foraines et des cirques, dont la présence semble vouloir souligner encore davantage la cruauté avec laquelle Caroline va être traitée. Tout d’un coup, la fête foraine est en train de virer au cauchemar ; le numéro de cirque tourne de travers.
 
The colour of the balloons is important compared to Caroline’s colour theme. The subway clown’s balloons are the same gaudy colours as the balloons for the birthday party: garish, brutal colours which clash strongly with the pure, white walls, the pastel paintings and the beautiful oriental-style furniture of the flat. They also contrast with Caroline’s dominant colours, which are pink and light grey: she’s wearing a pretty, childish light grey dress (when all the other girls are wearing trousers or shorts), delicate silver shoes, a bit like a little princess straitght from a fairytale, and she’s carrying a pale pink rucksack and a pink sleeping bag.
 
La couleur des ballons est importante par comparaison avec le thème de couleur qui est propre à Caroline. Les ballons du clown du métro arborent les mêmes coloris vulgaires que ceux de la fête d’anniversaire : des coloris brutaux, criards, qui choquent dans cet appartement aux murs blanc purs, décoré de peintures et de fauteuils pastels et de beaux meubles de style oriental. Ils contrastent avec les couleurs dominantes de Caroline, qui sont le rose et le gris perle : elle porte une jolie petite robe grise d’allure enfantine (alors que toute les autres fillettes sont en pantalon ou en shorts), de délicates ballerines argentées, un peu comme une petite princesse venue tout droit d’un conte de fées, et elle apporte avec elle un sac à dos rose pâle et un sac de couchage rose.
 
Like the subway clown, who is also carrying a big birthday box with him, decorated with balloons, Caroline is also carrying a birthday box – also decorated with balloons she has drawn herself, but her box is pale and pink, with childish drawings and lettering, pastel ballons and a pretty pink ribbon - all of it lovingly made.

Both themes clash and their meaning is simple: on the one hand, there’s the violent, crude colours of adult life, coarsened by all its lost illusions – on the other hand, the pastel naive colours of a still almost untouched childhood.




Exactement comme le clown du métro, qui transporte lui aussi un gros cadeau d’anniversaire, décoré de ballons, toujours dans des coloris criards, Caroline a aussi apporté un cadeau d’anniversaire – rose pâle, décoré de ballons pastel qu’elle a dessinés elle-même, avec Joyeux Anniversaire écrit en grosses lettres enfantines, le tout terminé d’un joli ruban rose, et fait avec amour.
Les deux thèmes de couleur entrent en conflit et leur signification est simple : d’un côté, l’on a les couleurs violentes et grossières d’une vie adulte malmenée, rudoyées par toutes les illusions perdues – de l’autre, les couleurs pastel naïves d’une enfance encore presque intacte. 

Interestingly enough, all these pink attributes –symbols of childhood- are quickly taken away from her – almost torn away from her - as soon as she steps into the flat – the birthday present, the sleeping-bag, the rucksack. The door of the flat – the only possible escape now – closes behind her, and the two adult women (the birthday girl’s mother and the helper) both immediatly disappear and leave Caroline alone and defenceless. Their sudden appearance and disappearance, their almost identical gestures – stripping everything Caroline has with her (just as the subway thieves stripped even little Ally of her handbag when they mugged her and her mother) – is like a symbolic, ominous dance. Grown-up reality is intruding, brisk, almost brutal, uncaring, and the two women vanish with all of Caroline’s childhood tokens.







Fait intéressant, tous ces accessoires roses, symboles de l’enfance, sont promptement retirés (presque arrachés) à Caroline dès qu’elle entre dans l’appartement : le cadeau, le sac de couchage, le sac à dos. La porte de l’appartement, seule échappatoire possible maintenant, se referme derrière elle, et les deux femmes adultes (la mère de la fillette qui fête son anniversaire, et la domestique) disparaissent immédiatement, laissant Caroline seule et sans défense. Leur apparition et leur disparition sont subites, leur gestes quasiment identiques : elles dépouillent Caroline de tout ce qu’elle a (juste comme les voleurs du métro avaient pris son sac à main même à la petite Ally lorsqu’ils l’avaient agressée, elle et sa mère). C’est comme une danse symbolique et inquiétante. La réalité des adultes fait irruption, pressée, presque brutale, indifférente, et le deux femmes disparaissent avec tous les symboles de l’enfance de Caroline.


It’s heart-wrenching to think that this could maybe have been avoided. Caroline was feeling queasy about the party but when she tells Tyler about her misgivings, he’s too self-absorbed in his own grow-up problems – after all, Ally has just split with him– to listen to her. Just for once, Tyler is uncaring and impatient with her.
Chose navrante, tout cela pourrait peut-être avoir été évité. Caroline avait des inquiétudes à l’idée de la fête mais lorsqu’elle en parle à Tyler, il est alors trop absorbé par ses propres problèmes d’adulte –après tout, Ally vient juste de le quitter – pour l’écouter. Pour une fois seulement, Tyler est indifférent et impatient envers Caroline.






But if he had been able to listen properly, maybe he would have perceived her anguish and accepted to take her back home. But he didn’t.

S’il avait su l’écouter comme il se doit, peut-être Tyler aurait-il perçu l’anxiété de sa sœur et aurait-il accepté de la ramener à la maison. Mais il ne l’a pas fait.



This is what it is all about : her childhood innocence is about to be destroyed, and this is not something you can ever get back. Once lost, innocence is lost for ever. Tyler knows that only too well, as he comes back from this non-anniversary that is the ceremony at the cemetery, celebrating the memory of a brother who killed himself on his birthday. Life is a gross joke to him, and he and the sleeping subway clown - are brothers, united and jostled together in the weary train of life to celebrate a parody of birthday.


 Birthdays are never happy in RM. They are wrought with sadness, cruelty and a sense of the meaninglessness of life. The subway clown even almost looks dead, sprawled on his bench like a fat broken puppet, or a discarded toy. And close to Tyler, you can even get a fleeting glimpse of a poster displaying an incompletely seen word : EATH… maybe the word DEATH . To Tyler and his family, birthdays are not linked to life and joy, but to their exact opposites: death and sorrow.





Tel est le sens de cette scène : l’innocence de l’enfance de Caroline est sur le point d’être anéantie. Cette innocence, nous ne la récupérons jamais. Une fois perdue, elle est perdue pour toujours. Tyler ne le sait que trop bien, lorsqu’il revient de ce non-anniversaire qu’elle la cérémonie au cimetière, cette célébration du souvenir d’un frère qui s’est suicidé le jour même de son anniversaire. La vie, aux yeux de Tyler, n’est qu’une farce de grossière facture. Tyler et le clown endormi dans le métro sont des frères, unis et malmenés ensemble par les secousses du train fatigué de la vie, célébrant tous les deux une parodie d’anniversaire.
Les anniversaires ne sont jamais heureux dans Remember Me. Ils sont empreints de tristesse, de cruauté, et du sentiment de l’absurdité de la vie. Le clown du métro a même l’air persque mort, avachi sur sa banquette comme une grosse marionnette cassée, ou un jouet abandonné. Tout près de Tyler, on peut fugitivement entr’apercevoir une affiche sur laquelle on peut lire un mot incomplet: EATH… peut-être le mot DEATH, la MORT. Pour Tyler et sa famille, les anniversaires ne seront jamais liés à la vie et à la joie, mais à leurs exacts contraires : la mort et le chagrin.

Just as Tyler lost all innocence forever when as a teenager, he found Michael’s hanging body on his brother’s birthday, Caroline’s bullying at the birthday party similarly illustrates the same theme: the death of innocence.


De même que Tyler a perdu à jamais son innocence lorsqu’adolescent, il a découvert le corps de Michael pendu, le jour même de son anniversaire, la farce infligée à Caroline à la fête d’anniversaire reprend ainsi le même thème : la mort de l’innocence.

jeudi 3 juin 2010

THE SEURAT PORTRAIT IN REMEMBER ME

Le portrait par Seurat dans REMEMBER ME


Parallels abound in RM. Objects, situations, symbols, numbers - many things are mirrored and duplicated, echoing eerily each other throughout the film. They are like a breadcrumb trail of clues, scattered here and there, sometimes clear and insistent, sometimes so fleeting that you can only remember them and understand their meaning once everything is over.
From a purely filmic perspective, this is a really exciting game to play, even though the prevailing tonal sadness of the story overshadows them so often. But they are really important, generally calling back the past, explaining the present state of mind or psychological place each character has reached, and hinting at the future. These objects and symbols – which sometimes can be quite immaterial, like a particular, recurrent lighting or a mere name - play a role which is intricately woven into the very fabric of the film and which is sometimes so significant as to convert them into additional characters – silently dodging the steps of Tyler, Ally and their families, like shadows.





Les parallèles abondent dans RM. Objets, situations, symboles, chiffres – toutes ces images sont mises en miroir et dupliquées, se renvoyant mutuellement des échos étranges tout au long du film. C’est un peu comme si l’on avait semé des indices tout au long de l’histoire, dispersés ça et là, parfois clairs et forts, parfois si fugaces que l’on ne peut se souvenir d’eux et comprendre leur sens qu’une fois que tout est fini.
D’un point de vue purement filmique, c’est un jeu de piste passionnant, même si le voile de tristesse dont est empreint toute l’histoire vient si souvent les obscurcir. Mais ces indices ont une réelle importance, car ils évoquent le passé, expliquent l’état d’esprit actuel de chacun des personnages ou le stade psychologique auquel ils sont arrivés, et suggèrent ce que sera le futur. Ces objets et symboles, qui peuvent parfois être immatériels, par exemple un éclairage particulier récurrent ou un simple nom, sont intimement incorporés au bâti même du film et jouent un rôle qui est parfois si important qu’ils se transforment, en quelque sorte, en personnages supplémentaires, suivant sans bruit les pas de Tyler, d’Ally et de leurs familles, comme des ombres.



This post is about one of these clues: it’s a beautiful black and white portrait of a man. It’s tacked on the door of Tyler and Aidan’s flat, and we see it again in the epilogue when Caroline visits the Met with her father.



Ce post parle de l’un de ces indices: un très beau portrait en noir et blanc d’un homme, affiché sur la porte de l’appartement de Tyler et d’Aidan, et que l’on revoit ensuite lors de l’épilogue, lorsque Caroline visite le Metropolitan Museum de New York avec son père.



I was really intrigued by this portrait. Who was the painter, who did it represent, and what was its meaning in the film, as it obviously had one ? We discussed it on our French RM forum and my friend Siobhan gave me the answer : it was a portrait by the French painter Georges Seurat, of his friend the artist Edmond Aman-Jean. The portrait can actually be seen at the Met.


La présence de ce portrait dans le film m’a réellement intriguée. Qui était le peintre, qui le portrait représentait-il, et quelle était sa signification dans le film, car il paraissait évident qu’il en avait une? Nous en avons discuté sur notre forum français sur RM et mon amie Siobhan m’a donné la réponse: c’était un portrait de Georges Seurat, représentant son ami l’artiste Edmond Aman-Jean. Le portrait est effectivement exposé au Met de NY, et voici le descriptif qu’en donne la page officielle du musée.


Aman-Jean, 1883
Georges Seurat (1859–1891)
Conté crayon on paper /Crayon Conté sur papier
24 1/2 x 18 11/16 in. (62.2 x 47.5 cm)
Bequest of /legs de Stephen C. Clark, 1960 (61.101.16)

Seurat's study of his friend the artist Aman-Jean (1860–1936) is one of the great portrait drawings of the nineteenth century. A remarkably assured work for a young artist, it was shown in the Paris Salon of 1883 shortly after Seurat's twenty-third birthday. Aman-Jean and Seurat knew each other as students at the École des Beaux-Arts in Paris. Following their studies, they took a studio together, and it was there that Aman-Jean posed for this portrait. Aman-Jean kept the drawing, and referred to it many years later in a letter to Seurat's biographer as "a very beautiful portrait of me." Seurat chose a classic profile pose for his sitter, sensitively portraying the artist with brush in hand and a facial expression of deep concentration. Seurat deftly used conté crayon in tonal gradations from the darkest black to the softest gray, culminating in the luminescent white of the unmarked paper.



L’étude que fit Seurat de son ami l’artiste Edmond Aman-Jean (1860–1936) est l’un des plus beaux portraits du xixème siècle. Oeuvre témoignant d’une assurance remarquable chez un jeune artiste, elle a été exposée au Salon de Paris en 1883 peu après le vingt-troisième anniversaire de Seurat. Aman-Jean et Seurat s’étaient rencontrés à l’École des Beaux-Arts de Paris où ils étaient tous les deux étudiants. Après leurs études, ils partagèrent un appartement ensemble, et c’est là qu’Aman-Jean posa pour ce portrait. Aman-Jean garda le dessin et le décrivit bien des années plus tard dans une lettre au biographe de Seurat comme «un très beau portrait de moi ». Seurat opta pour une pose de profil classique, représentant avec sensibilité l’artiste pinceau à la main, le visage empreint d’une expression de profonde concentration. Seurat utilisa avec dextérité des crayons conté, procédant par nuances graduelles allant du noir le plus foncé jusqu’au gris le plus doux, pour culminer avec le blanc lumineux laissant apparaître le papier laissé vierge.

The Seurat portrait and Tyler
Le portrait de Seurat et Tyler



When Ally has fled from her father’s house and gone to Tyler’s, there’s a moment when Tyler and Aidan sit on the sofa, with their backs turned to us, facing the door of the flat and commenting they should really fix the broken lock. This is when we see the portrait for the first time: a large, black and white print stuck on the door.


The portrait is serene. The young man, who is writing or drawing, is poised and focused on his work, a sweet, peaceful expression on his face. You can almost imagine a slight smile playing on his lips. It’s a beautiful moment, captured in time, and there is almost something tender in the way Seurat depicted his friend. The peace and happy concentration are almost tangible. I can only marvel at Seurat’s deft use of the rich gradations of black and white: a muted, white-grey light suffuses the background, reflecting itself in soft tones on his friends’ hands and face, and culminates in the striking, amazing pure white on the collar, directing our gaze to the poser’s face. But it is above all the feeling of peace and the poser’s self-absorption and joy in his work which prevail in the portrait.





La scène commence au moment où Ally s’est enfuie de chez elle pour se réfugier chez Tyler. Tyler et Aidan sont assis sur le sofa du salon, nous tournant le dos, face à la porte de l’appartement, et Tyler dit à Aidan qu’ils devraient vraiment réparer le verrou. C’est à ce moment-là qu’on l’on aperçoit le portrait pour la première fois : une grande reproduction en noir et blanc affichée sur la porte.

Le portrait est serein. Le jeune homme, qui est en train d’écrire ou de dessiner, est attentif, concentré sur sa tâche, son visage empreint d’une expression douce et paisible. On peut presque imaginer un léger sourire jouant sur ses lèvres. C’est un beau moment, saisi dans l’instant, et il y a quelque chose de presque tendre dans la façon dont Seurat a peint son ami. L’esprit de paix et de concentration heureuse sont presque tangibles. Je ne peux que m’émerveiller devant la dextérité avec laquelle Seurat a utilisé les riches nuances de noir et de blanc : une lumière sourde, oscillant entre blanc et gris, imprègne l’arrière-plan, se reflétant en tonalités douces sur les mains et le visage de son ami, pour culminer avec le blanc pur, frappant, étonnant du col, qui dirige notre regard vers le visage du modèle. Mais c’est avant tout le sentiment de paix, la façon dont le modèle est absorbé par son travail, et la joie qu’il en retire, qui dominent dans ce portrait.



Peace – being truly immersed in the present – and happiness ; all three things which lack cruelly in Tyler’s life. The Aman-Jean portrait emanates all these things which Tyler probably misses. Is this why Tyler chose to display this portrait on the door of the flat, so that he would always see it, everyday, whenever he went out, and also whenever he was in, sitting in the living-room, as a reminder of the state of mind he never has, of the things he can’t have yet ? Although we know Aman-Jean was really painting or drawing, his pose reminds me strongly of Tyler writing in his diary.




La paix – savoir s’immerger totalement dans le présent– et le bonheur : trois choses qui toutes font cruellement défaut dans la vie de Tyler. Le portrait d’Aman-Jean rayonne de ces trois éléments qui manquent sans doute à Tyler. Est-ce pour cela qu’il a choisi d’afficher ce portrait sur la porte de son appartement, de façon à l’avoir toujours sous les yeux, tous les jours, chaque fois qu’il sort, mais aussi chaque fois qu’il est chez lui assis dans le salon, comme pour lui rappeler cet état d’esprit qu’il n’éprouve jamais, et toutes ces choses qu’il ne peut pas encore vivre ? Nous savons qu’Aman-Jean était en train de peindre ou de dessiner pendant la séance de pose, mais son attitude fait fortement penser à Tyler écrivant son journal.


But Tyler, when he writes, is always tormented or sad or aching, and we know that he continually writes to his dead elder brother Michael. He never seems to feel this peace you can see reflected in the portrait. My idea is that the portrait embodies something Tyler secretly aspires to : he wants to be released from his grieving and his resentment towards this brother he never forgave for killing himself, he wantz to be at peace himself, so that he too, can start writing – literally and symbolically - the pages of his own life. His constant writing in his diary is actually both a grieving and a healing process, a way he had devised to sort this out. Writing in his diary, using it to purge all his anguish and pain, however, also absorbs all his vitality and energy. This is why Tyler always seems to be cut out from his present life and merely drifting though it, why he never commits to anything permanent (except his relationship to his sister). His work, his studies, his love life - all these things are secondary to him, because he knows, instinctively, that the inner peace symbolized by the Seurat portrait can only come from within himself, and that writing in his diary is the only way he has found to reach it. Tyler’s real, big job is to complete his grieving, so that he can heal and finally turn back to a life of connections and relationships, but at that point in his life, he has not yet reached the enticing peace the portrait is showing him everyday – and the portrait, is, interestingly, tacked on the exit door of the flat, showing Tyler the way to the real, outside world – like an unconscious goal. But as Tyler says, in another lighter and funnier scene, speaking about his physical relation with Ally, « it’s too soon ». It’s too soon for inner peace yet.



Tyler, toutefois, lorsqu’il écrit, est toujours tourmenté, triste ou en peine, et nous savons qu’il écrit continuellement à son frère aîné décédé, Michael. Tyler ne semble jamais éprouver cette paix qui émane du portrait. Je pense que le portrait incarne les choses auxquelles Tyler aspire secrètement : il veut être libéré de son deuil et de sa rancœur envers son frère, auquel il n’a jamais pardonné son suicide. Il veut lui-même être en paix pour pouvoir, lui aussi, enfin commencer à écrire, au propre comme au figuré, les pages de sa vie. Lorsque nous le voyons constamment écrire dans ce journal qu’il emporte partout avec lui, Tyler est en fait en plein cœur d’un processus de deuil et de guérison. Le journal est un outil qu’il s’est inventé pour trouver une réponse à la situation. Mais l’acte d’écrire dans le journal, d’y purger toute son angoisse et sa souffrance, absorbe aussi toute sa vitalité et son énergie. C’est pour cela que Tyler semble toujours coupé de sa vie réelle, comme s’il se contentait de dériver dans l’existence. C’est pour cela qu’il ne s’engage jamais envers quoi que ce soit de permanent (hormis sa relation avec sa petite sœur) : son travail, ses études, ses aventures amoureuses, toutes ces choses sont pour lui secondaires, parce qu’il sait, d’instinct, que la paix intérieure symbolisée par le portrait de Seurat ne peut venir que de lui-même, et qu’écrire dans son journal est la seule façon qu’il a trouvée pour tenter de l’atteindre. La vraie tâche que Tyler doit accomplir, sa tâche la plus importante, c’est de mener son deuil à son terme, afin de pouvoir guérir et de retourner enfin à une vie de liens et de relations. Mais à ce stade de son existence, il n’a pas encore atteint cette paix enviable que le portrait lui montre tous les jours – un portrait, qui, fait intéressant, est affiché sur la porte de sortie de son appartement, lui indiquant le chemin vers le monde réel, celui de l’extérieur, à la façon d’un but inconscient. Mais comme Tyler le dit, dans un autre contexte plus drôle et plus léger (à propos de l’évolution de sa relation physique avec Ally) , « c’est trop tôt». Pour lui, il est encore trop tôt pour la paix intérieure.




Foreshadowing
Signes prémonitoires



Foreshadowing is ever-present in the film, announcing Tyler’s death, and cannot be underestimated. Nothing ever seems to be random in RM. Therefore, even though it might be a mere coincidence, it might be important to know that Seurat died tragically young, at only 31, of an illnesss. The use of a portrait by a painter, Seurat, whose life was cut short may not be an innocent choice, just as Tyler’s middle name, Keats, is that of an English poet, John Keats, who died when he was only 26 and who had also lost a beloved brother. Unfinished lives, young death… many such underlying, silent symbols are scattered all throughout the film, like a melancholic pattern of secret clues.




Les signes prémonitoires, annonciateurs de la mort de Tyler, sont omniprésents dans le film, et leur importance ne doit pas être sous-estimée. Rien ne semble avoir été laissé au hasard dans Remember Me. Aussi, même s’il ne s’agit que d’une pure coïncidence, il est peut-être important de savoir que Seurat mourut tragiquement jeune, à seulement 31 ans, de maladie. L’utilisation d’un portrait fait par un peintre à la vie si brutalement interrompue n’est donc peut-être pas un choix innocent, comme vient le confirmer le second prénom de Tyler, Keats. John Keats était un poète anglais qui mourut à seulement 26 ans et qui avait aussi perdu un frère qu’il aimait beaucoup. Vies inachevées, mort en pleine jeunesse … une multitude de ces symboles muets et souterrains est ainsi éparpillée tout au long du film, comme un motif mélancolique d’indices cachés.


At the end of the film, we know Tyler has actually begun to resolve the conflict. With the last voice-over, we get to hear the last words he ever wrote, as he reveals what he would say to Michael if he knew Michael could hear him: that he loves him, that he misses him and that he forgives him. Tyler has finally got to a more peaceful, serene place, a place where he can be open to love and his present life and the future. You could almost picture him, bent intently over his diary just as in the portrait, absorbed in his writing, a half-smile playing on his lips and his eyes, writing his words of love and forgiveness, yielding to his new feeling of connection to life and to the world. At this particular moment, which we only hear, and never get to see but can imagine, Tyler and the young man in the portrait at last mirror each other.




A la fin du film, nous savons que Tyler a en fait commencé à résoudre son conflit : sa voix off prononce les derniers mots qu’il a écrits, lorsqu’il révèle ce qu’il dirait à Michael s’il savait que ce dernier pouvait l’entendre : il lui dirait qu’il l’aime, qu’il lui manque et qu’il lui pardonne. Tyler est enfin parvenu à un stade plus paisible, plus serein, un stade où il peut s’ouvrir à l’amour, au présent et à l’avenir. On peut presque se le représenter, penché , concentré, sur son journal, absorbé de façon heureuse par son écriture, un demi-sourire frôlant ses lèvres et ses yeux, tandis qu’il écrit ces lignes d’amour et de pardon, et cède à ce sentiment nouveau qui le fait se sentir relié à la vie et au monde. A ce moment bien précis, que nous entendons, sans jamais le voir dans le film, mais que nous pouvons imaginer, Tyler et le jeune homme du portrait se renvoient enfin leurs reflets, comme s’ils étaient face à face devant un miroir.


The Seurat portrait and Aidan
Le portrait de Seurat et Aidan


However, the Seurat portrait does not disappear when Tyler is gone. True, we never get to see it again in the boys’ flat in the epilogue, but this portrait still has a part to play, because it is, in a way, something which is closely linked to Tyler, a memory of him and of his arc in the story, like a message which has to be passed on. The portrait symbolizes Tyler’s journey from grieving to a newfound peace. It is there to remind us that Tyler’s life had a meaning, that he had time to start to change and to begin to find hope in his new relationships before he was taken away.




Le portrait de Seurat ne disparaît pour autant avec Tyler. Dans l’épilogue, nous ne revoyons jamais le portrait affiché dans l’appartement de deux garçons, mais il n’en reste pas moins qu’il a encore un rôle à jouer, car il est d’une certaine façon, étroitement lié à Tyler. C’est un souvenir de lui et de sa trajectoire dans le film, comme un message qui doit être transmis. Le portrait symbolise le parcours de Tyler, depuis le deuil vers une paix nouvelle. Il est là pour nous rappeler que la vie de Tyler avait un sens, et qu’il a eu le temps de commencer à changer et à trouver de l’espérance dans ses nouvelles relations avant d’être emporté.




Aidan and the invisible portrait
Aidan et le portrait invisible en filigrane



Aidan, in the epilogue, is sitting for exams at the NYU. He is seen in profile, his face intent, unusually grave, pen in hand, writing. A brief glimpse at his upper arm shows that he now has the name « Tyler » tattoed on it. Everything in his pose, in the way he has been filmed, mirrors the portrait. Aidan’s thick, black curly hair and small goatee even show an eerie physical similarity with Aman-Jean : true, it’s only a fleeting glimpse, and at that particular painful moment in the film we are so caught in our own grief and shock of losing Tyler that we may not notice all this – but nevertheless, it is all there. Life goes on, Tyler has gone and he will never study anymore, but Aidan will. In a way, Aidan’s job is now to go on with what Tyler – who always teased him about his bad grades and lack of work - will never be able to do. In this scene, Aidan even wears a T-shirt of that particular dark blue which Tyler often wears in the film and in a poignant moment when he gazes up to look at something we do not see, you almost get the feeling he’s holding back tears and thinking about his friend. The mirroring pattern is complete: the Seurat portrait, which was an image of what Tyler yearned for in life, and the memory of Tyler himself, merge and are now passed on to Aidan, although in an invisible, subtle way, like a filigree image.




Aidan, dans l’épilogue, est en train de passer des examens à l’université. Il est vu de profil, son visage est concentré, inhabituellement grave ; il tient un stylo et écrit. Une image fugitive permet d’entr’apercevoir qu’il s’est fait tatouer le nom de Tyler sur l’avant-bras. Tout, dans sa pose, dans la façon dont il est filmé, est une image-miroir du portrait. Ses épais cheveux noirs bouclés et sa petite barbiche établissent même une insolite ressemblance physique avec Aman-Jean : certes, ce n’est qu’une image fugace, et à ce moment du film, si douloureux, nous sommes tellement pris au piège de la douleur et du choc d’avoir perdu Tyler qu’il n’est pas aisé de remarquer tout cela – et pourtant, tout est bien là. La vie continue, Tyler n’est plus là, il n’étudiera plus jamais, mais Aidan, si. D’une certaine façon, la mission d’Aidan est désormais de poursuivre ce que Tyler – qui le taquinait toujours sur les mauvaises notes et son peu d’empressement à étudier – ne pourra lui jamais faire. Dans cette scène, Aidan porte même un T-shirt de ce bleu indigo très particulier que Tyler porte souvent dans le film – encore un souvenir. Lors d’un moment poignant, lorsqu’il lève les yeux pour fixer quelque chose que nous ne voyons pas, on a presque le sentiment qu’il retient ses larmes et pense à son ami. La mise en miroir est complète: le portrait de Seurat, qui était une image de ce que Tyler désirait, et qui est un souvenir de Tyler lui-même, est maintenant transmis à Aidan, bien que sous une forme invisible et subtile, comme en filigrane.



The Seurat portrait and Caroline
Le portrait de Seurat et Caroline

The Seurat portrait reappears at the very end of the film, when Caroline visits the Metropolitan Musem of New York – « her favourite place in the world » – with her father.


Slowly, the camera zooms on then pans away from the original portrait and Caroline standing looking at it, her sketchbook in her hands. The camera lingers on the portrait, long enough for us to remember the print which hung in Tyler’s flat. We could build up the whole backstory of the portrait – maybe Tyler was the one who introduced Caroline to it? Maybe they visited the Met together and – together- both were enthralled by this beautiful, slightly enigmatic portrait? Maybe Caroline even saw the print in her brother’s flat... There is clearly a link, and the portrait is the device which is used here to make us see that Caroline remembers Tyler. Her behaviour is interesting: she stares long and carefully at the portrait, as if to memorize it one last time, and then she turns away from it, slowly but in a determined way, her head held high up. It’s closure time. By visiting the portrait, a symbol for Tyler, Caroline gives a last nods to her dead brother, but she is also saying good-bye to him. It is time. She ackowledges his memory, maybe remembering past visits with him at the museum, maybe recalling that he particularly loved this portrait. However, her attitude breaks the continuity of the portrait mirroring pattern: she’s holdling a pen (but we don’t see it) and a sketchbook, but she’s not looking at her work, she’s moving, holding her head high, and she’s already looking around her for other pictures, the exit, and the future.




Le portrait de Seurat réapparaît tout à la fin du film, lorsque Caroline visite le Metropolitan Musem de New York – « l’endroit qu’elle préfère le plus au monde» – avec son père.


Tout en douceur, la caméra fait un zoom sur le portrait original puis s’en écarte, nous montrant Caroline qui regarde le portrait, un carnet de croquis à la main. La caméra s’attarde un peu sur le portrait, suffisamment longtemps pour que nous souvenions de la reproduction affichée dans l’appartement de Tyler. On pourrait essayer d’inventer toute l’histoire secrète du portrait dans le film : peut-être est-ce Tyler qui l’a fait découvrir à Caroline ? Peut-être le frère et la sœur ont-ils visité ensemble le Met et ensemble, sont-ils tombés sous le charme de ce beau dessin un peu énigmatique ? Peut-être Caroline a-t-elle même vu la reproduction dans l’appartement de son frère ? Il y a de toute évidence un lien. Le portrait est l’instrument qui nous permet dans cette scène de nous montrer que Caroline se souvient de Tyler. Le comportement de la petite fille est intéressant : elle fixe le portrait attentivement, un long moment, comme pour le mémoriser une dernière fois, puis elle s’en détourne, lentement mais avec détermination, la tête haute. Le temps est venu pour elle de mettre un point final. En rendant visite au portrait, symbole de son frère mort, Caroline lui fait en quelque sorte un dernier petit signe de la tête, mais elle lui dit en même temps au revoir. Le moment est venu. Elle fait acte de mémoire, et se souvient peut-être de visites qu’elle a faites avec lui au musée, et se rappelle peut-être qu’il aimait particulièrement ce portrait. Mais son attitude brise la mise en miroir : Caroline a le crayon à la main, mais elle ne regarde pas son travail, elle est mobile, la tête haute, et elle cherche déjà du regard l’extérieur et l’avenir.


If you’re very quick, you can a glimpse of Caroline’s drawings in her sketchbook: it’s a pair of sketches of the Seurat portrait. One first version, on the upper part of the sheet, seems to be placed in a sort of frame, as if she had copied the portrait the way it was tacked to the door of Tyler’s flat. The second version, beneath it and slightly to the right, is just a copy of the head. Past and present meet in this drawing: it is as if Caroline had drawn the portrait such as she remembered seeing it in Tyler’s flat, and then such as she sees it now, in the museum. As she walks away decidedly with her father, towards another room, leaving the portrait behind, and taking away with her this curious, double drawing, Caroline is leaving the past behind, accepting her present life – as she takes her father’s hand – and walking into the future. She has said good-bye to Tyler, although she will always love him and remember him.





Si l'on est très attentif, on peut apercevoir les dessins que Caroline a faits dans son carnet : ce sont deux croquis du portrait par Seurat. La première version, en haut de la feuille, semble être placée à l’intérieur d’une sorte de cadre, comme si Caroline avait copié le portrait tel qu’il était affiché dans l’encadrement de la porte, dans l’appartement de Tyler. La seconde version, un peu en-dessous et légèrement décalée en diagonale vers la droite, est une copie du profil. Le passé et le présent se rencontrent dans ce double dessin : comme si Caroline avait reproduit le portrait tel qu’elle se souvenait l’avoir vu chez Tyler, et tel qu’elle peut maintenant le voir au musée. Lorsqu’elle s’éloigne d’un pas décidé aux côtés de son père, vers une autre salle, laissant derrière elle le portrait, et emportant avec elle ce curieux double dessin, Caroline laisse en fait le passé derrière elle, accepte sa vie présente, en prenant la main de son père, et se dirige vers l’avenir. Elle a dit au revoir à Tyler, même si elle l’aimera toujours et se souviendra toujours de lui.



Nos empreintes ne s’effacent jamais des vies que nous avons touchées.


About Seurat / A propos de Seurat (1859-1891)

Moma :

While little documentation survives from Seurat’s tragically abbreviated life – he died at the age of 31 – his own extensive output, the works he exhibited , and reports of hi sfriends and colleagues show the crucial role that drawing played in his art. He left over 500 known sheets (with about 270 dating from his maturity), an extraordinary number for such a short career. Some of these drawings were preparations for his monumental canvases, helping him explore light, shadow, pose and relationships of color, but most are independant works. A close look at 3 aspects of Seurat’s work – a group of sketchbooks, his methods and materials, and his subjects – proves the accuracy of one contemporary’s description of the artist: he was, Emile Verhaeren, argued, a « technician, risk-taker, inventor ».


Il nous reste peu de documents sur la vie tragiquement courte de Seurat, mort à 31 ans, mais sa production colossale, les œuvres qu’il exposa, et les témoignages de ses amis et collègues attestent du rôle crucial que le dessin joua dans son art. Il laissa plus de 500 dessins connus (dont 270 datent de sa maturité), soit un nombre extraordinaire pour une aussi brève carrière. Certains de ces dessins étaient des études préparatoires pour ses toiles monumentales, l’aidant à explorer la lumière, les ombres, les poses et les relations entre les couleurs, mais la plupart sont des œuvres indépendantes. Un examen serré des 3 aspects de l’œuvre de Seurat – un groupe de carnets de croquis, ses méthodes et le matériaux qu’il employait, et ses sujets – démontre combien était vraie la description que donna de l’artiste un de ses contemporains, Emile Verhaeren, pour qui il fut « un technicien, un preneur de risques, un inventeur ».



Once described as “the most beautiful painter’s drawings in existence,” Georges Seurat’s mysterious and luminous works on paper played a crucial role in his career. Though Seurat is most often remembered as a Neo-Impressionist, the inventor of pointillism, and the creator of the painting, A Sunday on La Grande Jatte, his incomparable drawings are among his–and modernism’s–greatest achievements. Working primarily with conté crayon on paper, Seurat explored the Parisian metropolis and its environs, abstracted figures, spaces, and structures, and dramatized the relationship between light and shadow, creating a distinct body of work that is a touchstone for the art of the twentieth century and today.


Jadis décrits comme « les plus beaux dessins de peintre ayant jamais existé », les dessins mystérieux et lumineux sur papier de Georges Seurat jouèrent un rôle crucial dans sa carrière. Bien qu’il soit surtout connu comme un néo-impressionniste, comme l’inventeur du pointillisme et l’auteur du tableau Un dimanche après-midi à la Grande Jatte, ses dessins incomparables font partie de ses plus grandes réussites et de celles du modernisme. Travaillant principalement au crayon contrôle sur papier, Seurat explora la métropole parisienne et ses environs, ses figures, espaces et structures abstraits, et mit en scène la relation entre ombres et lumières, créant une œuvre originale qui est la pierre d’angle de l’art du xxeme siècle et de l’art contemporain.


Dessins noir et blanc de Seurat au Louvre / B&W Seurat drawings at the Louvre:
http://arts-graphiques.louvre.fr/fo/visite?srv=mtr&quicksearchinput=SEURAT+GEORGES&radiobutton=oeuvre


Expo Seurat au MoMa de NY/Seurat exhibition at the MoMa :
http://www.moma.org/interactives/exhibitions/2007/seurat/

Seurat au Met de New York/Seurat at the Met :
http://www.metmuseum.org/works_of_art/collection_database/all/listview.aspx?page=1&sort=4&sortdir=desc&keyword=Georges%20Seurat&fp=1&dd1=0&dd2=0&lSort=4&vw=1

Où trouver les œuvres de Seurat dans les musées du monde entier/Where to find Seurat’s work in the world:
http://www.artcyclopedia.com/artists/seurat_georges.html

About Aman-Jean / A propos d’Aman-Jean (1858-1936)

Expo Edmond Aman-Jean "Songes de femmes", avec de nombreux tableaux de portraits féminins, son sujet favori/Aman-Jean exhibition with many feminine portraits (his favorite theme) :
http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/expamjan.htm


Joli blog regroupant de très nombreux illustrations de ses tableaux/A nice blog with tons of illustrations :
http://www.artistsandart.org/2010/01/edmond-francois-aman-jean-1858-1936.html



Liens anglais sur Aman- Jean/English links about Aman-Jean:
http://www.idburyprints.com/artist/EDMOND_FRANCOIS_AMAN-JEAN_63.htm
http://www.artrenewal.org/pages/artist.php?artistid=1158