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jeudi 30 juin 2011

REMEMBER ME - FUN GIFS WITH AIDAN




Aidan : gifs animés et moment rigolos


I picked these funny gifs today : some hilarious moments and quotes between Tyler and Aidan... so here they are...
Humeur ensoleillée aujourd'hui avec cette petite collection de gifs animés rigolos : ce sont tous des moments ou des phrases hilarants entre Tyler et Aidan...


The hilarious guitar and weight-lifting scene on the boy's terrace roof, when Tyler threatens to leave Aidan crushed beneath the weights he can't lift off from his chest (Tyler actually leaves!.. but we know he comes back).
Le moment hilarant où Tyler assis avec sa guitare, sur le toit-terrasse de leur appartement, regarde Aidan essayer désespérement de se dégager des haltères qu'il n'arrive plus à soulever et qui lui écrasent la poitrine. Tyler menace de l'abandonner à son sort (et il part réellement!! mais nous savons qu'il reviendra !)





 "You were the one dumping Jell shots down her throat. You almost killed her."
 
 
The S.L.U;T kit - another of Aidan's absurd inventions.
Le kit P.U.T.E - encore une des inventions absurdes d'Aidan.



The not so romantic morning after... Did Aidan actually sell a
toothbrush to Tyler's one-night stand girl? Poor toothbrush girl...
Le matin d'après, guère romantique... Aidan a-t-il réellement vendu une
brosse à dents au "coup d'un soir" de Tyler? La pauvre...



Tyler and Ally in the train, laughing as they listen to Aidan's fling at the library with his "Eskimo" girl. All the fun of the scene is that Ally can't believe that Aidan slept with the unlikely"Eskimo" girl (Aidan just boasted that he had gone out with girls from all nationalities), while Tyler can't believe Aidan went to the library at all.
Tyler et Ally dans le train écoutent pouffant de rire Aidan raconter comment il a séduit une « Eskimaude » à la bibliothèque. Le plus amusant est qu'Ally a du mal à croire qu'Aidan soit sorti avec une improbable "Esquimaude" (il vient de se vanter d'être sorti avec des filles de toutes les nationalités, ou presque) tandis que Tyler, lui, peine plutôt à croire qu'Aidan soit allé tout court à la bibliothèque.




 Source : everything comes from my new treasure trove, @fmerob's tumblr : @fmerob
 Some are her edits, others are not, I've tried to keep track.
"Penance" Guitar Gif, SLUT Gif and Eskimo Gif : @fmerob




lundi 28 juin 2010

samedi 26 juin 2010

AIDAN’S TATTOO IN RM



Le tatouage d’Aidan

The new RM stills have revealed the complete version (or maybe it was a variant) of Aidan’s arm tattoo at the end of the film. We see the tattoo very briefly when Aidan is sitting for his exams at the NYU, after the tragedy. He’s writing, and we get a quick glimpse of the name «Tyler» on his arm. Aidan’s tattoo mirrors the Michael tattoo on Tyler’s chest. Just as Michael had left his indelible fingerprints on Tyler’s life – embodied, in a very tangible and visual way as the tattoo on his skin, Aidan now carries too the memory of his dead friend, Tyler’s last fingerprint on him.
Les nouveaux stills de RM ont révélé en entier le tatouage que l’on voit sur le bras d’Aidan à la fin du film ; à moins que ce soit peut-être qu’une simple variante. On aperçoit ce tatouage très brièvement, lorsque Aidan est en train de passer ses examens à la NYU, après la tragédie. Il est en train d’écrire, et l’on entrevoit très rapidement le nom «Tyler» sur son bras. Le tatouage renvoie un écho de celui que Tyler s’était fait faire sur la poitrine, au nom de son frère, Michael. Tout comme Michael avait laissé ses empreintes indélébiles sur la vie de Tyler, comme le représente, d’une façon très tangible et visuelle, le tatouage sur son corps, Aidan porte désormais lui aussi sur sa peau le souvenir de son ami mort, avec un tatouage qui est comme la dernière empreinte de Tyler sur lui.




The other version of Aidan’s tattoo which apparently did not make it ito the film was much more explicit. It’s fairly large and elaborate and includes a complex drawing of the Twin Towers, the date 09/11 and Tyler’s name, encased in a sort a jagged frame.
L’autre version du tatouage d’Aidan, qui ne semble apparemment pas avoir été retenue en définitive pour le film, était beaucoup plus explicite. Il est assez grand et élaboré et se compose d’un dessin complexe des tours jumelles, de la date du 11 septembre et du nom de Tyler, encadré dans une sorte de bulle aux contours saccadés.




Somehow, this different version seems to me too blatant and I am glad that they did not keep it. Sometimes, showing less is better. Enough is said when the poignant epilogue unfolds before our eyes and such a glaring reminder would have been too much. There is no need for for a huge, explicit tattoo which would have spoilt it all. Tellingly, many people did not even see the Tyler tattoo when they saw the film, but they were struck by the sorrow on Aidan’s face: Tate’s acting is more than enough to do the trick.
It is enough for me to see all the pain displayed in Aidan’s dark eyes and on his tender, serious face, as he sits there gazing at something we don’t see. The young actor, Tate Ellington, does it beautifully, you could almost see how he seems to be holding back tears and how he stares beyond the class-room and the exam sheet as he remembers Tyler. Everything is in his eyes.



Mais d’une certaine façon, cette autre version me semble trop tape-à-l’œil, trop voyante, et je ne regrette pas qu’ils ne l’aient pas conservée. Parfois, mieux vaut se contenter de suggérer plutôt que de montrer. Il nous est en dit bien assez lorsque l’épilogue poignant se déroule devant nos yeux, et un rappel aussi flagrant aurait été superflu. Nul besoin de ce grand tatouage explicite qui aurait tout gâché. Il est d’ailleurs révélateur que beaucoup de gens n’aient même pas vu le tatouage avec le nom de Tyler lorsqu’ils ont visionné le film, mais qu’ils ont par contre été frappés par le chagrin qui se lit sur le visage d’Aidan : le seul jeu de Tate Ellington suffit largement.
Pour moi, voir la douleur qui reflète dans les yeux sombres d’Aidan et sur son visage tendre et grave, tandis qu’il fixe quelque chose que nous ne voyons pas, suffit amplement. Le jeune acteur, Tate Ellington, joue superbement cette scène ; on peut presque voir comment il semble retenir ses larmes et comment son regard s’échappe au-delà de la salle de cours et de la feuille d’examen, pour se perdre dans un souvenir de Tyler. Tout est dans ses yeux.



What do you think ? Do you think the other more sophisticated version of the tattoo with the date and the towers would have been better ? Or do you think, as I do, that it was better to tone down this short scene and just imply everything ? Just tell me in the comments section.
Qu’en pensez-vous ? Trouvez-vous que l’autre version sophistiquée du tatouage, avec la date et les tours, aurait été plus efficace ? Ou croyez-vous, comme moi, que le choix d’une sobriété délibérée pour cette courte scène, où tout est suggéré et rien n’est montré, est plus habile ? Donnez-moi vos avis dans la section des commentaires…


lundi 21 juin 2010

REMEMBER ME DRAWINGS

Dessins pour Remember Me
TYLER & AIDAN

Just a drawing of mine for fun today - remembering a nice scene.
Aujourd'hui juste un petit dessin à moi, en souvenir d'une jolie scène.


@littleseasparrow

Tyler - I told her she could stay, is that OK?
Je lui ai dit qu'elle pouvait rester, c'est OK?
Aidan - As long she needs...
Tant qu'elle voudra...
Tyler - Thank you... (he lights a cigarette) Both stay silent.  
Merci ( il allume une cigarette). Tous deux restent assis en silence.

jeudi 3 juin 2010

THE SEURAT PORTRAIT IN REMEMBER ME

Le portrait par Seurat dans REMEMBER ME


Parallels abound in RM. Objects, situations, symbols, numbers - many things are mirrored and duplicated, echoing eerily each other throughout the film. They are like a breadcrumb trail of clues, scattered here and there, sometimes clear and insistent, sometimes so fleeting that you can only remember them and understand their meaning once everything is over.
From a purely filmic perspective, this is a really exciting game to play, even though the prevailing tonal sadness of the story overshadows them so often. But they are really important, generally calling back the past, explaining the present state of mind or psychological place each character has reached, and hinting at the future. These objects and symbols – which sometimes can be quite immaterial, like a particular, recurrent lighting or a mere name - play a role which is intricately woven into the very fabric of the film and which is sometimes so significant as to convert them into additional characters – silently dodging the steps of Tyler, Ally and their families, like shadows.





Les parallèles abondent dans RM. Objets, situations, symboles, chiffres – toutes ces images sont mises en miroir et dupliquées, se renvoyant mutuellement des échos étranges tout au long du film. C’est un peu comme si l’on avait semé des indices tout au long de l’histoire, dispersés ça et là, parfois clairs et forts, parfois si fugaces que l’on ne peut se souvenir d’eux et comprendre leur sens qu’une fois que tout est fini.
D’un point de vue purement filmique, c’est un jeu de piste passionnant, même si le voile de tristesse dont est empreint toute l’histoire vient si souvent les obscurcir. Mais ces indices ont une réelle importance, car ils évoquent le passé, expliquent l’état d’esprit actuel de chacun des personnages ou le stade psychologique auquel ils sont arrivés, et suggèrent ce que sera le futur. Ces objets et symboles, qui peuvent parfois être immatériels, par exemple un éclairage particulier récurrent ou un simple nom, sont intimement incorporés au bâti même du film et jouent un rôle qui est parfois si important qu’ils se transforment, en quelque sorte, en personnages supplémentaires, suivant sans bruit les pas de Tyler, d’Ally et de leurs familles, comme des ombres.



This post is about one of these clues: it’s a beautiful black and white portrait of a man. It’s tacked on the door of Tyler and Aidan’s flat, and we see it again in the epilogue when Caroline visits the Met with her father.



Ce post parle de l’un de ces indices: un très beau portrait en noir et blanc d’un homme, affiché sur la porte de l’appartement de Tyler et d’Aidan, et que l’on revoit ensuite lors de l’épilogue, lorsque Caroline visite le Metropolitan Museum de New York avec son père.



I was really intrigued by this portrait. Who was the painter, who did it represent, and what was its meaning in the film, as it obviously had one ? We discussed it on our French RM forum and my friend Siobhan gave me the answer : it was a portrait by the French painter Georges Seurat, of his friend the artist Edmond Aman-Jean. The portrait can actually be seen at the Met.


La présence de ce portrait dans le film m’a réellement intriguée. Qui était le peintre, qui le portrait représentait-il, et quelle était sa signification dans le film, car il paraissait évident qu’il en avait une? Nous en avons discuté sur notre forum français sur RM et mon amie Siobhan m’a donné la réponse: c’était un portrait de Georges Seurat, représentant son ami l’artiste Edmond Aman-Jean. Le portrait est effectivement exposé au Met de NY, et voici le descriptif qu’en donne la page officielle du musée.


Aman-Jean, 1883
Georges Seurat (1859–1891)
Conté crayon on paper /Crayon Conté sur papier
24 1/2 x 18 11/16 in. (62.2 x 47.5 cm)
Bequest of /legs de Stephen C. Clark, 1960 (61.101.16)

Seurat's study of his friend the artist Aman-Jean (1860–1936) is one of the great portrait drawings of the nineteenth century. A remarkably assured work for a young artist, it was shown in the Paris Salon of 1883 shortly after Seurat's twenty-third birthday. Aman-Jean and Seurat knew each other as students at the École des Beaux-Arts in Paris. Following their studies, they took a studio together, and it was there that Aman-Jean posed for this portrait. Aman-Jean kept the drawing, and referred to it many years later in a letter to Seurat's biographer as "a very beautiful portrait of me." Seurat chose a classic profile pose for his sitter, sensitively portraying the artist with brush in hand and a facial expression of deep concentration. Seurat deftly used conté crayon in tonal gradations from the darkest black to the softest gray, culminating in the luminescent white of the unmarked paper.



L’étude que fit Seurat de son ami l’artiste Edmond Aman-Jean (1860–1936) est l’un des plus beaux portraits du xixème siècle. Oeuvre témoignant d’une assurance remarquable chez un jeune artiste, elle a été exposée au Salon de Paris en 1883 peu après le vingt-troisième anniversaire de Seurat. Aman-Jean et Seurat s’étaient rencontrés à l’École des Beaux-Arts de Paris où ils étaient tous les deux étudiants. Après leurs études, ils partagèrent un appartement ensemble, et c’est là qu’Aman-Jean posa pour ce portrait. Aman-Jean garda le dessin et le décrivit bien des années plus tard dans une lettre au biographe de Seurat comme «un très beau portrait de moi ». Seurat opta pour une pose de profil classique, représentant avec sensibilité l’artiste pinceau à la main, le visage empreint d’une expression de profonde concentration. Seurat utilisa avec dextérité des crayons conté, procédant par nuances graduelles allant du noir le plus foncé jusqu’au gris le plus doux, pour culminer avec le blanc lumineux laissant apparaître le papier laissé vierge.

The Seurat portrait and Tyler
Le portrait de Seurat et Tyler



When Ally has fled from her father’s house and gone to Tyler’s, there’s a moment when Tyler and Aidan sit on the sofa, with their backs turned to us, facing the door of the flat and commenting they should really fix the broken lock. This is when we see the portrait for the first time: a large, black and white print stuck on the door.


The portrait is serene. The young man, who is writing or drawing, is poised and focused on his work, a sweet, peaceful expression on his face. You can almost imagine a slight smile playing on his lips. It’s a beautiful moment, captured in time, and there is almost something tender in the way Seurat depicted his friend. The peace and happy concentration are almost tangible. I can only marvel at Seurat’s deft use of the rich gradations of black and white: a muted, white-grey light suffuses the background, reflecting itself in soft tones on his friends’ hands and face, and culminates in the striking, amazing pure white on the collar, directing our gaze to the poser’s face. But it is above all the feeling of peace and the poser’s self-absorption and joy in his work which prevail in the portrait.





La scène commence au moment où Ally s’est enfuie de chez elle pour se réfugier chez Tyler. Tyler et Aidan sont assis sur le sofa du salon, nous tournant le dos, face à la porte de l’appartement, et Tyler dit à Aidan qu’ils devraient vraiment réparer le verrou. C’est à ce moment-là qu’on l’on aperçoit le portrait pour la première fois : une grande reproduction en noir et blanc affichée sur la porte.

Le portrait est serein. Le jeune homme, qui est en train d’écrire ou de dessiner, est attentif, concentré sur sa tâche, son visage empreint d’une expression douce et paisible. On peut presque imaginer un léger sourire jouant sur ses lèvres. C’est un beau moment, saisi dans l’instant, et il y a quelque chose de presque tendre dans la façon dont Seurat a peint son ami. L’esprit de paix et de concentration heureuse sont presque tangibles. Je ne peux que m’émerveiller devant la dextérité avec laquelle Seurat a utilisé les riches nuances de noir et de blanc : une lumière sourde, oscillant entre blanc et gris, imprègne l’arrière-plan, se reflétant en tonalités douces sur les mains et le visage de son ami, pour culminer avec le blanc pur, frappant, étonnant du col, qui dirige notre regard vers le visage du modèle. Mais c’est avant tout le sentiment de paix, la façon dont le modèle est absorbé par son travail, et la joie qu’il en retire, qui dominent dans ce portrait.



Peace – being truly immersed in the present – and happiness ; all three things which lack cruelly in Tyler’s life. The Aman-Jean portrait emanates all these things which Tyler probably misses. Is this why Tyler chose to display this portrait on the door of the flat, so that he would always see it, everyday, whenever he went out, and also whenever he was in, sitting in the living-room, as a reminder of the state of mind he never has, of the things he can’t have yet ? Although we know Aman-Jean was really painting or drawing, his pose reminds me strongly of Tyler writing in his diary.




La paix – savoir s’immerger totalement dans le présent– et le bonheur : trois choses qui toutes font cruellement défaut dans la vie de Tyler. Le portrait d’Aman-Jean rayonne de ces trois éléments qui manquent sans doute à Tyler. Est-ce pour cela qu’il a choisi d’afficher ce portrait sur la porte de son appartement, de façon à l’avoir toujours sous les yeux, tous les jours, chaque fois qu’il sort, mais aussi chaque fois qu’il est chez lui assis dans le salon, comme pour lui rappeler cet état d’esprit qu’il n’éprouve jamais, et toutes ces choses qu’il ne peut pas encore vivre ? Nous savons qu’Aman-Jean était en train de peindre ou de dessiner pendant la séance de pose, mais son attitude fait fortement penser à Tyler écrivant son journal.


But Tyler, when he writes, is always tormented or sad or aching, and we know that he continually writes to his dead elder brother Michael. He never seems to feel this peace you can see reflected in the portrait. My idea is that the portrait embodies something Tyler secretly aspires to : he wants to be released from his grieving and his resentment towards this brother he never forgave for killing himself, he wantz to be at peace himself, so that he too, can start writing – literally and symbolically - the pages of his own life. His constant writing in his diary is actually both a grieving and a healing process, a way he had devised to sort this out. Writing in his diary, using it to purge all his anguish and pain, however, also absorbs all his vitality and energy. This is why Tyler always seems to be cut out from his present life and merely drifting though it, why he never commits to anything permanent (except his relationship to his sister). His work, his studies, his love life - all these things are secondary to him, because he knows, instinctively, that the inner peace symbolized by the Seurat portrait can only come from within himself, and that writing in his diary is the only way he has found to reach it. Tyler’s real, big job is to complete his grieving, so that he can heal and finally turn back to a life of connections and relationships, but at that point in his life, he has not yet reached the enticing peace the portrait is showing him everyday – and the portrait, is, interestingly, tacked on the exit door of the flat, showing Tyler the way to the real, outside world – like an unconscious goal. But as Tyler says, in another lighter and funnier scene, speaking about his physical relation with Ally, « it’s too soon ». It’s too soon for inner peace yet.



Tyler, toutefois, lorsqu’il écrit, est toujours tourmenté, triste ou en peine, et nous savons qu’il écrit continuellement à son frère aîné décédé, Michael. Tyler ne semble jamais éprouver cette paix qui émane du portrait. Je pense que le portrait incarne les choses auxquelles Tyler aspire secrètement : il veut être libéré de son deuil et de sa rancœur envers son frère, auquel il n’a jamais pardonné son suicide. Il veut lui-même être en paix pour pouvoir, lui aussi, enfin commencer à écrire, au propre comme au figuré, les pages de sa vie. Lorsque nous le voyons constamment écrire dans ce journal qu’il emporte partout avec lui, Tyler est en fait en plein cœur d’un processus de deuil et de guérison. Le journal est un outil qu’il s’est inventé pour trouver une réponse à la situation. Mais l’acte d’écrire dans le journal, d’y purger toute son angoisse et sa souffrance, absorbe aussi toute sa vitalité et son énergie. C’est pour cela que Tyler semble toujours coupé de sa vie réelle, comme s’il se contentait de dériver dans l’existence. C’est pour cela qu’il ne s’engage jamais envers quoi que ce soit de permanent (hormis sa relation avec sa petite sœur) : son travail, ses études, ses aventures amoureuses, toutes ces choses sont pour lui secondaires, parce qu’il sait, d’instinct, que la paix intérieure symbolisée par le portrait de Seurat ne peut venir que de lui-même, et qu’écrire dans son journal est la seule façon qu’il a trouvée pour tenter de l’atteindre. La vraie tâche que Tyler doit accomplir, sa tâche la plus importante, c’est de mener son deuil à son terme, afin de pouvoir guérir et de retourner enfin à une vie de liens et de relations. Mais à ce stade de son existence, il n’a pas encore atteint cette paix enviable que le portrait lui montre tous les jours – un portrait, qui, fait intéressant, est affiché sur la porte de sortie de son appartement, lui indiquant le chemin vers le monde réel, celui de l’extérieur, à la façon d’un but inconscient. Mais comme Tyler le dit, dans un autre contexte plus drôle et plus léger (à propos de l’évolution de sa relation physique avec Ally) , « c’est trop tôt». Pour lui, il est encore trop tôt pour la paix intérieure.




Foreshadowing
Signes prémonitoires



Foreshadowing is ever-present in the film, announcing Tyler’s death, and cannot be underestimated. Nothing ever seems to be random in RM. Therefore, even though it might be a mere coincidence, it might be important to know that Seurat died tragically young, at only 31, of an illnesss. The use of a portrait by a painter, Seurat, whose life was cut short may not be an innocent choice, just as Tyler’s middle name, Keats, is that of an English poet, John Keats, who died when he was only 26 and who had also lost a beloved brother. Unfinished lives, young death… many such underlying, silent symbols are scattered all throughout the film, like a melancholic pattern of secret clues.




Les signes prémonitoires, annonciateurs de la mort de Tyler, sont omniprésents dans le film, et leur importance ne doit pas être sous-estimée. Rien ne semble avoir été laissé au hasard dans Remember Me. Aussi, même s’il ne s’agit que d’une pure coïncidence, il est peut-être important de savoir que Seurat mourut tragiquement jeune, à seulement 31 ans, de maladie. L’utilisation d’un portrait fait par un peintre à la vie si brutalement interrompue n’est donc peut-être pas un choix innocent, comme vient le confirmer le second prénom de Tyler, Keats. John Keats était un poète anglais qui mourut à seulement 26 ans et qui avait aussi perdu un frère qu’il aimait beaucoup. Vies inachevées, mort en pleine jeunesse … une multitude de ces symboles muets et souterrains est ainsi éparpillée tout au long du film, comme un motif mélancolique d’indices cachés.


At the end of the film, we know Tyler has actually begun to resolve the conflict. With the last voice-over, we get to hear the last words he ever wrote, as he reveals what he would say to Michael if he knew Michael could hear him: that he loves him, that he misses him and that he forgives him. Tyler has finally got to a more peaceful, serene place, a place where he can be open to love and his present life and the future. You could almost picture him, bent intently over his diary just as in the portrait, absorbed in his writing, a half-smile playing on his lips and his eyes, writing his words of love and forgiveness, yielding to his new feeling of connection to life and to the world. At this particular moment, which we only hear, and never get to see but can imagine, Tyler and the young man in the portrait at last mirror each other.




A la fin du film, nous savons que Tyler a en fait commencé à résoudre son conflit : sa voix off prononce les derniers mots qu’il a écrits, lorsqu’il révèle ce qu’il dirait à Michael s’il savait que ce dernier pouvait l’entendre : il lui dirait qu’il l’aime, qu’il lui manque et qu’il lui pardonne. Tyler est enfin parvenu à un stade plus paisible, plus serein, un stade où il peut s’ouvrir à l’amour, au présent et à l’avenir. On peut presque se le représenter, penché , concentré, sur son journal, absorbé de façon heureuse par son écriture, un demi-sourire frôlant ses lèvres et ses yeux, tandis qu’il écrit ces lignes d’amour et de pardon, et cède à ce sentiment nouveau qui le fait se sentir relié à la vie et au monde. A ce moment bien précis, que nous entendons, sans jamais le voir dans le film, mais que nous pouvons imaginer, Tyler et le jeune homme du portrait se renvoient enfin leurs reflets, comme s’ils étaient face à face devant un miroir.


The Seurat portrait and Aidan
Le portrait de Seurat et Aidan


However, the Seurat portrait does not disappear when Tyler is gone. True, we never get to see it again in the boys’ flat in the epilogue, but this portrait still has a part to play, because it is, in a way, something which is closely linked to Tyler, a memory of him and of his arc in the story, like a message which has to be passed on. The portrait symbolizes Tyler’s journey from grieving to a newfound peace. It is there to remind us that Tyler’s life had a meaning, that he had time to start to change and to begin to find hope in his new relationships before he was taken away.




Le portrait de Seurat ne disparaît pour autant avec Tyler. Dans l’épilogue, nous ne revoyons jamais le portrait affiché dans l’appartement de deux garçons, mais il n’en reste pas moins qu’il a encore un rôle à jouer, car il est d’une certaine façon, étroitement lié à Tyler. C’est un souvenir de lui et de sa trajectoire dans le film, comme un message qui doit être transmis. Le portrait symbolise le parcours de Tyler, depuis le deuil vers une paix nouvelle. Il est là pour nous rappeler que la vie de Tyler avait un sens, et qu’il a eu le temps de commencer à changer et à trouver de l’espérance dans ses nouvelles relations avant d’être emporté.




Aidan and the invisible portrait
Aidan et le portrait invisible en filigrane



Aidan, in the epilogue, is sitting for exams at the NYU. He is seen in profile, his face intent, unusually grave, pen in hand, writing. A brief glimpse at his upper arm shows that he now has the name « Tyler » tattoed on it. Everything in his pose, in the way he has been filmed, mirrors the portrait. Aidan’s thick, black curly hair and small goatee even show an eerie physical similarity with Aman-Jean : true, it’s only a fleeting glimpse, and at that particular painful moment in the film we are so caught in our own grief and shock of losing Tyler that we may not notice all this – but nevertheless, it is all there. Life goes on, Tyler has gone and he will never study anymore, but Aidan will. In a way, Aidan’s job is now to go on with what Tyler – who always teased him about his bad grades and lack of work - will never be able to do. In this scene, Aidan even wears a T-shirt of that particular dark blue which Tyler often wears in the film and in a poignant moment when he gazes up to look at something we do not see, you almost get the feeling he’s holding back tears and thinking about his friend. The mirroring pattern is complete: the Seurat portrait, which was an image of what Tyler yearned for in life, and the memory of Tyler himself, merge and are now passed on to Aidan, although in an invisible, subtle way, like a filigree image.




Aidan, dans l’épilogue, est en train de passer des examens à l’université. Il est vu de profil, son visage est concentré, inhabituellement grave ; il tient un stylo et écrit. Une image fugitive permet d’entr’apercevoir qu’il s’est fait tatouer le nom de Tyler sur l’avant-bras. Tout, dans sa pose, dans la façon dont il est filmé, est une image-miroir du portrait. Ses épais cheveux noirs bouclés et sa petite barbiche établissent même une insolite ressemblance physique avec Aman-Jean : certes, ce n’est qu’une image fugace, et à ce moment du film, si douloureux, nous sommes tellement pris au piège de la douleur et du choc d’avoir perdu Tyler qu’il n’est pas aisé de remarquer tout cela – et pourtant, tout est bien là. La vie continue, Tyler n’est plus là, il n’étudiera plus jamais, mais Aidan, si. D’une certaine façon, la mission d’Aidan est désormais de poursuivre ce que Tyler – qui le taquinait toujours sur les mauvaises notes et son peu d’empressement à étudier – ne pourra lui jamais faire. Dans cette scène, Aidan porte même un T-shirt de ce bleu indigo très particulier que Tyler porte souvent dans le film – encore un souvenir. Lors d’un moment poignant, lorsqu’il lève les yeux pour fixer quelque chose que nous ne voyons pas, on a presque le sentiment qu’il retient ses larmes et pense à son ami. La mise en miroir est complète: le portrait de Seurat, qui était une image de ce que Tyler désirait, et qui est un souvenir de Tyler lui-même, est maintenant transmis à Aidan, bien que sous une forme invisible et subtile, comme en filigrane.



The Seurat portrait and Caroline
Le portrait de Seurat et Caroline

The Seurat portrait reappears at the very end of the film, when Caroline visits the Metropolitan Musem of New York – « her favourite place in the world » – with her father.


Slowly, the camera zooms on then pans away from the original portrait and Caroline standing looking at it, her sketchbook in her hands. The camera lingers on the portrait, long enough for us to remember the print which hung in Tyler’s flat. We could build up the whole backstory of the portrait – maybe Tyler was the one who introduced Caroline to it? Maybe they visited the Met together and – together- both were enthralled by this beautiful, slightly enigmatic portrait? Maybe Caroline even saw the print in her brother’s flat... There is clearly a link, and the portrait is the device which is used here to make us see that Caroline remembers Tyler. Her behaviour is interesting: she stares long and carefully at the portrait, as if to memorize it one last time, and then she turns away from it, slowly but in a determined way, her head held high up. It’s closure time. By visiting the portrait, a symbol for Tyler, Caroline gives a last nods to her dead brother, but she is also saying good-bye to him. It is time. She ackowledges his memory, maybe remembering past visits with him at the museum, maybe recalling that he particularly loved this portrait. However, her attitude breaks the continuity of the portrait mirroring pattern: she’s holdling a pen (but we don’t see it) and a sketchbook, but she’s not looking at her work, she’s moving, holding her head high, and she’s already looking around her for other pictures, the exit, and the future.




Le portrait de Seurat réapparaît tout à la fin du film, lorsque Caroline visite le Metropolitan Musem de New York – « l’endroit qu’elle préfère le plus au monde» – avec son père.


Tout en douceur, la caméra fait un zoom sur le portrait original puis s’en écarte, nous montrant Caroline qui regarde le portrait, un carnet de croquis à la main. La caméra s’attarde un peu sur le portrait, suffisamment longtemps pour que nous souvenions de la reproduction affichée dans l’appartement de Tyler. On pourrait essayer d’inventer toute l’histoire secrète du portrait dans le film : peut-être est-ce Tyler qui l’a fait découvrir à Caroline ? Peut-être le frère et la sœur ont-ils visité ensemble le Met et ensemble, sont-ils tombés sous le charme de ce beau dessin un peu énigmatique ? Peut-être Caroline a-t-elle même vu la reproduction dans l’appartement de son frère ? Il y a de toute évidence un lien. Le portrait est l’instrument qui nous permet dans cette scène de nous montrer que Caroline se souvient de Tyler. Le comportement de la petite fille est intéressant : elle fixe le portrait attentivement, un long moment, comme pour le mémoriser une dernière fois, puis elle s’en détourne, lentement mais avec détermination, la tête haute. Le temps est venu pour elle de mettre un point final. En rendant visite au portrait, symbole de son frère mort, Caroline lui fait en quelque sorte un dernier petit signe de la tête, mais elle lui dit en même temps au revoir. Le moment est venu. Elle fait acte de mémoire, et se souvient peut-être de visites qu’elle a faites avec lui au musée, et se rappelle peut-être qu’il aimait particulièrement ce portrait. Mais son attitude brise la mise en miroir : Caroline a le crayon à la main, mais elle ne regarde pas son travail, elle est mobile, la tête haute, et elle cherche déjà du regard l’extérieur et l’avenir.


If you’re very quick, you can a glimpse of Caroline’s drawings in her sketchbook: it’s a pair of sketches of the Seurat portrait. One first version, on the upper part of the sheet, seems to be placed in a sort of frame, as if she had copied the portrait the way it was tacked to the door of Tyler’s flat. The second version, beneath it and slightly to the right, is just a copy of the head. Past and present meet in this drawing: it is as if Caroline had drawn the portrait such as she remembered seeing it in Tyler’s flat, and then such as she sees it now, in the museum. As she walks away decidedly with her father, towards another room, leaving the portrait behind, and taking away with her this curious, double drawing, Caroline is leaving the past behind, accepting her present life – as she takes her father’s hand – and walking into the future. She has said good-bye to Tyler, although she will always love him and remember him.





Si l'on est très attentif, on peut apercevoir les dessins que Caroline a faits dans son carnet : ce sont deux croquis du portrait par Seurat. La première version, en haut de la feuille, semble être placée à l’intérieur d’une sorte de cadre, comme si Caroline avait copié le portrait tel qu’il était affiché dans l’encadrement de la porte, dans l’appartement de Tyler. La seconde version, un peu en-dessous et légèrement décalée en diagonale vers la droite, est une copie du profil. Le passé et le présent se rencontrent dans ce double dessin : comme si Caroline avait reproduit le portrait tel qu’elle se souvenait l’avoir vu chez Tyler, et tel qu’elle peut maintenant le voir au musée. Lorsqu’elle s’éloigne d’un pas décidé aux côtés de son père, vers une autre salle, laissant derrière elle le portrait, et emportant avec elle ce curieux double dessin, Caroline laisse en fait le passé derrière elle, accepte sa vie présente, en prenant la main de son père, et se dirige vers l’avenir. Elle a dit au revoir à Tyler, même si elle l’aimera toujours et se souviendra toujours de lui.



Nos empreintes ne s’effacent jamais des vies que nous avons touchées.


About Seurat / A propos de Seurat (1859-1891)

Moma :

While little documentation survives from Seurat’s tragically abbreviated life – he died at the age of 31 – his own extensive output, the works he exhibited , and reports of hi sfriends and colleagues show the crucial role that drawing played in his art. He left over 500 known sheets (with about 270 dating from his maturity), an extraordinary number for such a short career. Some of these drawings were preparations for his monumental canvases, helping him explore light, shadow, pose and relationships of color, but most are independant works. A close look at 3 aspects of Seurat’s work – a group of sketchbooks, his methods and materials, and his subjects – proves the accuracy of one contemporary’s description of the artist: he was, Emile Verhaeren, argued, a « technician, risk-taker, inventor ».


Il nous reste peu de documents sur la vie tragiquement courte de Seurat, mort à 31 ans, mais sa production colossale, les œuvres qu’il exposa, et les témoignages de ses amis et collègues attestent du rôle crucial que le dessin joua dans son art. Il laissa plus de 500 dessins connus (dont 270 datent de sa maturité), soit un nombre extraordinaire pour une aussi brève carrière. Certains de ces dessins étaient des études préparatoires pour ses toiles monumentales, l’aidant à explorer la lumière, les ombres, les poses et les relations entre les couleurs, mais la plupart sont des œuvres indépendantes. Un examen serré des 3 aspects de l’œuvre de Seurat – un groupe de carnets de croquis, ses méthodes et le matériaux qu’il employait, et ses sujets – démontre combien était vraie la description que donna de l’artiste un de ses contemporains, Emile Verhaeren, pour qui il fut « un technicien, un preneur de risques, un inventeur ».



Once described as “the most beautiful painter’s drawings in existence,” Georges Seurat’s mysterious and luminous works on paper played a crucial role in his career. Though Seurat is most often remembered as a Neo-Impressionist, the inventor of pointillism, and the creator of the painting, A Sunday on La Grande Jatte, his incomparable drawings are among his–and modernism’s–greatest achievements. Working primarily with conté crayon on paper, Seurat explored the Parisian metropolis and its environs, abstracted figures, spaces, and structures, and dramatized the relationship between light and shadow, creating a distinct body of work that is a touchstone for the art of the twentieth century and today.


Jadis décrits comme « les plus beaux dessins de peintre ayant jamais existé », les dessins mystérieux et lumineux sur papier de Georges Seurat jouèrent un rôle crucial dans sa carrière. Bien qu’il soit surtout connu comme un néo-impressionniste, comme l’inventeur du pointillisme et l’auteur du tableau Un dimanche après-midi à la Grande Jatte, ses dessins incomparables font partie de ses plus grandes réussites et de celles du modernisme. Travaillant principalement au crayon contrôle sur papier, Seurat explora la métropole parisienne et ses environs, ses figures, espaces et structures abstraits, et mit en scène la relation entre ombres et lumières, créant une œuvre originale qui est la pierre d’angle de l’art du xxeme siècle et de l’art contemporain.


Dessins noir et blanc de Seurat au Louvre / B&W Seurat drawings at the Louvre:
http://arts-graphiques.louvre.fr/fo/visite?srv=mtr&quicksearchinput=SEURAT+GEORGES&radiobutton=oeuvre


Expo Seurat au MoMa de NY/Seurat exhibition at the MoMa :
http://www.moma.org/interactives/exhibitions/2007/seurat/

Seurat au Met de New York/Seurat at the Met :
http://www.metmuseum.org/works_of_art/collection_database/all/listview.aspx?page=1&sort=4&sortdir=desc&keyword=Georges%20Seurat&fp=1&dd1=0&dd2=0&lSort=4&vw=1

Où trouver les œuvres de Seurat dans les musées du monde entier/Where to find Seurat’s work in the world:
http://www.artcyclopedia.com/artists/seurat_georges.html

About Aman-Jean / A propos d’Aman-Jean (1858-1936)

Expo Edmond Aman-Jean "Songes de femmes", avec de nombreux tableaux de portraits féminins, son sujet favori/Aman-Jean exhibition with many feminine portraits (his favorite theme) :
http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/expamjan.htm


Joli blog regroupant de très nombreux illustrations de ses tableaux/A nice blog with tons of illustrations :
http://www.artistsandart.org/2010/01/edmond-francois-aman-jean-1858-1936.html



Liens anglais sur Aman- Jean/English links about Aman-Jean:
http://www.idburyprints.com/artist/EDMOND_FRANCOIS_AMAN-JEAN_63.htm
http://www.artrenewal.org/pages/artist.php?artistid=1158

jeudi 20 mai 2010

AIDAN & ALLY


SPOILERS

Aidan and Ally - The rooftop scene at the end
Aidan et Ally – La scène de la fin sur le toit


This is a new still which I’ve never seen before. It’s heartbreaking – Aidan and Ally stand crying and helpless on the rooftop, looking at the burning tower. Ally’s face looks frozen in pain but you can almost see her mouth trembling, Aidan’s is contorted with pain, almost grimacing. White, thick ashes fall slowly around them like tears. I don’t know if it’s a part of the final scene which was cut out from the film, or a shot from a different angle which was discarded, or maybe just an picture taken on the set during a rehearsal. The fleeting glimpse we get of them in the film shows them running out of the door, Aidan desperately calling Tyler on his cell, and his face suddenly freezing in disbelief and horror when he sees the tower. My heart clenched when I saw how Ally’s face sort of of scrunched up and how she had to crush her hands against her mouth not to scream out in pain. The film captures the very moment when they see what has happened – but they have not fully grasped it yet. You can imagine Aidan getting Tyler’s answering machine over and over and yet dialling again and again, against all hope. How many times will he dial that number before he finally gives up? I’ve always found it terrible to think that Tyler’s recorded voice on his answering machine is the last time Aidan will hear his friend’s voice.

To me, this new still shows how Ally and Aidan react a little later: Ally is in shock, unable to start crying yet, seized by this terrible grief which paralyzes the body and the mind and causes real, physical pain. Aidan now weeps incontrollably, he has stopped calling – the cellphone is not visible any more – the truth has really hit him.

I have also always found it heart-rending that they chose to shoot this scene on the rooftop where Tyler and Aidan probably spent many happy moments together, Aidan lifting weights, Tyler playing his guitar, and the two of them sunning themselves on their white and green easy chairs, drinking beers while listening to their music, maybe till late into the sweet summer nights. A fleeting glimpse of the scene shows a music box on an old table in a corner, a large fat white candle on a black iron holder with a curious zigzag shape, and empty bottles of beer. We know from another shot that there is also a bunch of dried orange and white flowers – eerily mirroring the white and orange flowers which Tylers’ mother clutches in her hands at the cemetery for Michael, and which are maybe one of the many clues foreshadowing Tyler’s fate all thoughout the film. However, these details prove that the boys liked to spend time there.

Everything is gone forever : no more music, no more soft candle-lights, no more sharing and drinking and laughing together – life fades out and nothing remains but the silent falling ashes and the voice of a dead young man on his cellphone, endlessly repeating the same, last message.




Voici une nouvelle image que je n’ai encore jamais vue. Elle est déchirante et m’a fait un coup au coeur quand elle a jailli sans crier gare sur mon écran : Aidan et Ally sont sur le toit-terrasse de leur appartement, en larmes, impuissants, les yeux rivés sur la tour en flammes. Le visage d’Ally est comme figé mais on devine presque le tremblement de ses lèvres. Le visage d’Aidan est déformé par le chagrin, il semble presque grimacer. De grosses cendres blanchâtres tombent lentement en pluie autour d’eux comme des larmes. Je ne sais pas si c’est une partie de la scène finale qui a été coupée au montage, ou peut-être une prise de vue à partir d’un angle différent qui n’a finalement pas été retenue, ou juste une photo de tournage ou de répétition.

La vision fugitive que nous avons d’eux dans le film les montre poussant la porte pour se précipiter sur le toit terrasse, tandis qu’Aidan appelle désespérément Tyler sur son mobile. Puis son visage se fige, tandis qu’incrédule et horrifié, il aperçoit la tour. Mon cœur s’est serré lorsque j’ai vu le visage d’Ally se ratatiner tandis qu’elle écrase littéralement ses poings contre ses lèvres pour retenir un cri de douleur. Le film capture le moment même où ils voient ce qui est arrivé, mais ils n’ont pas encore complètement compris ce qui s’est passé. On imagine Aidan entendant sans fin se répéter le message du répondeur de Tyler, mais refaisant pourtant le numéro, encore et encore, contre tout espoir. Combien de fois l’aura-t-il essayé, ce numéro, avant d’abandonner ? J’ai toujours trouvé terrible l’idée que le message d’accueil enregistré par Tyler sur son répondeur serait la dernière fois qu’Aidan entendrait la voix de
son ami.
Dans cette nouvelle scène, on a l’impression que c’est le moment d’après : Ally est sous le choc, tellement qu’elle ne peut pas encore pleurer, dans une détresse qui fige tout le corps et le cœur, et qui fait physiquement mal. Aidan pleure sans retenue, il n’appelle plus, il a compris, son téléphone a disparu.

J’ai aussi toujours trouvé déchirant le choix de tourner cette scène sur le toit terrasse où Tyler et Aidan ont sans doute passé bien des moments heureux ensemble, Aidan soulevant ses haltères, Tyler grattant sa guitare, et tous les deux lézardant au soleil dans leurs transats verts et blancs, en sirotant des bières et en écoutant de la musique, peut-être parfois jusqu’à une heure tardive par les douces nuits d’été. Une aperçu fugace de la scène finale montre un radiocassette placé sur une vieille table dans un recoin, une grosse bougie blanche piquée sur un chandelier de métal noir avec une curieuse forme en zig-zag, des bouteilles de bière vides. Un autre plan au milieu du film fait entr’apercevoir un bouquet de fleurs séchées blanches et orangées – peut-être un étrange écho du bouquet blanc et orangé que la maman de Tyler tenait au cimetière pour Michael, et un autre de ces symboles qui annoncent la mort du jeune homme dans tout le film – mais quoi qu’il en soit, ces détails montrent que les garçons aimaient à passer du temps sur ce toit.
Tout est fini : la musique, la douce lueur des bougies, les moments de partage, la douce ivresse de l’alcool, les rires : la vie s’éteint et il ne reste plus rien que la chute silencieuse des cendres et sur un répondeur, la voix d’un jeune homme mort, répétant sans fin le même et ultime message.

Source/Credit: http://coolspotters.com/characters/aidan-hall